les lauréates des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2022 sont annoncées

Sept lauréates ont été récompensées à la 30e remise annuelle des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, présentés par Femmes d’influence. Elles se joignent aux cinq lauréates du prix de l’entrepreneure prometteuse, qui avaient été dévoilées en septembre.

Les lauréates de chacune des catégories de prix sont des leaders inspirantes et résilientes qui ont fait preuve des qualités nécessaires pour réussir dans l’économie d’aujourd’hui, qui évolue rapidement. Les femmes qui forment ce groupe exceptionnel cette année ont été choisies pour leurs réalisations dans un large éventail de secteurs, dont l’apprentissage socio-émotionnel, les ressources humaines, les technologies propres, la construction, les produits de santé et de beauté et l’intelligence artificielle.

« Depuis 30 ans, les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC soulignent le parcours d’innovatrices et de dirigeantes inspirantes qui transforment le milieu des affaires au Canada. Cette année, plus que jamais, les lauréates sont des exemples de leadership, de dynamisme et d’ingéniosité, a déclaré Sean Amato-Gauci, vice-président directeur, Services financiers à l’entreprise, RBC. Avec les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2022, nous amorçons une nouvelle décennie au cours de laquelle nous découvrirons et ferons connaître d’autres histoires d’entrepreneuriat des plus remarquables, et célébrerons les réalisations de femmes exceptionnelles dans le milieu des affaires canadien. »

Les prix, qui en sont à leur 30e année d’existence, visent à reconnaître l’impressionnante contribution des entrepreneures et dirigeantes d’entreprise du pays à l’économie locale, canadienne ou mondiale. Le jury des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC est composé de 15 membres, parmi lesquels figurent quelques-unes des plus importantes dirigeantes au Canada, notamment : Françoise Lyon, présidente et associée principale, DGC Capital ; Christine Scott, fondatrice, The Accomplice Project ; Surranna Sandy, chef de la direction, Skills for Change ; Elizabeth Dipchand, avocate spécialisée en propriété intellectuelle, Dipchand LLP ; et Janis Nixon, chef des partenariats, Futurpreneur.

L’annonce officielle des lauréates de 2022 a eu lieu le 23 novembre lors du 30e gala des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, animé par Marcia MacMillan, chef d’antenne, CTV News, à l’hôtel Fairmont Royal York.

Cette année, plus de 9 000 mises en candidature soulignant la contribution d’entrepreneures des quatre coins du pays ont été reçues. Voici les lauréates de 2022:

Lors du gala, on a également honoré les lauréates du prix de l’entrepreneure prometteuse : Caitlyn Vanderhaeghe, KidStar Nutrients ; Fadwa Mohanna, One37 ID ; Lisa Karandat et Alexa Monahan, Good Juju Body & Home ; Shannon Hunter, Wander the Resort ; et Tiffany Callender, Federation of African Canadian Economics (FACE).

« Nous sommes honorées de souligner les incroyables réalisations des lauréates de cette année, a déclaré Alicia Skalin, cochef de la direction et responsable des activités, Femmes d’influence. Leur impact économique sur notre pays en période de turbulence a été tout à fait remarquable. »

 

Pour plus d’information, visitez le communiqué de presse |  For more information, view the press release.

Isabelle a hérité d’une partie de l’entreprise de sa famille à l’âge de 19 ans – voici comment elle s’y est prise pour se préparer en vue de l’avenir.

By Sarah Kelsey

 

Comptable de formation, Isabelle est une personne qui a compris la valeur de l’argent dès son plus jeune âge.

Enfant, elle a vu son père gérer une entreprise manufacturière prospère dans le secteur de de la machinerie industrielle et de l’outillage, et elle a souvent été témoin de conversations sur les ventes, les coûts et les risques liés au fait d’être un entrepreneur. L’exposition à certaines activités de l’entreprise a aidé Isabelle et son frère à la diriger après le décès inattendu de leur père, alors qu’elle n’avait que 19 ans.

Mais malgré sa connaissance des questions de budget et de bilan et l’immense soutien reçu de la part des membres de sa famille et de conseillers d’affaires, lorsqu’est venu le temps de vendre l’entreprise familiale après l’avoir dirigée pendant 10 ans, elle s’est rendu compte qu’elle avait besoin d’être aidée par des experts.

« Le travail d’un comptable et celui d’un conseiller financier sont des choses très différentes, explique Isabelle. Avec la vente de l’entreprise, je me suis progressivement désintéressée de la prise de décisions pour l’entreprise pour m’occuper davantage d’investir dans mon avenir financier personnel et dans celui de ma famille. »

C’est un membre de sa famille qui a présenté Isabelle à Catherine Laurin, CFA, gestionnaire de portefeuille principale et conseillère en placement à BMO. Ensemble, elles ont commencé à discuter de la situation et des objectifs d’Isabelle, et elles ont établi un partenariat de gestion financière axé sur la confiance, qui dure depuis plus de dix ans déjà.

La première chose que Catherine a faite pour aider Isabelle a été d’établir un plan financier qui répondrait à ses besoins et à ses objectifs globaux. « Nous avons mis en place des stratégies de planification dans le but de protéger et de maximiser son patrimoine après impôt », explique Catherine. Elle a également offert des conseils sur la meilleure façon de faire face aux turbulences sur le plan financier. « Maintenir le cap et suivre la stratégie mise en place a bien servi Isabelle », dit-elle.

« Catherine est très franche avec moi, dit Isabelle, et il est important qu’elle le soit. Si quelque chose ne fonctionne pas à court terme, je sais qu’elle me le dira. Il existe une chimie entre nous et je suis à l’aise de lui parler de mes rêves et de mes aspirations. Nous avons une relation de confiance, et au fil du temps, notre relation professionnelle est aussi devenue personnelle. Elle a eu l’occasion de faire connaissance avec mes enfants. »

Catherine affirme que la relation entre un conseiller et son client est une relation de partenariat. « Il est important que vous trouviez une personne qui a les compétences nécessaires pour répondre à vos besoins et pour vous soutenir. »

Elle souligne également qu’un client devrait se sentir à l’aise de poser des questions à son conseiller. « Celles-ci devraient être bien accueillies. Vous devez bien comprendre ce qui se passe. Une bonne compréhension favorisera la confiance, ce qui est essentiel à la réussite à long terme. »

Aujourd’hui, Isabelle dit qu’elle travaille avec Catherine pour atteindre ses objectifs à long terme et qu’elle peut compter sur diverses ressources de BMO – comme des services de gestion de placements – pour faciliter la croissance de son portefeuille.

Avec encore de nombreuses années de travail qui l’attendent, elle espère pouvoir concentrer ses efforts pour accomplir quelque chose qui peut faire une différence. À long terme, son objectif est de s’assurer que sa famille ne manque de rien. Pour cela, elle doit enseigner à ses enfants comment prendre leurs propres décisions financières en les initiant aux questions liées à la gestion de l’argent, et plus précisément à l’approche qu’elle a apprise en travaillant avec BMO.

« Mon expérience avec BMO m’a permis de découvrir une façon différente de gérer mon argent. Il s’agit d’une approche globale en matière de placement et de planification, qui diffère de la gestion de portefeuille traditionnelle, où vous recevez tous les quelques mois des rapports de la part d’un employé d’une société de placement, ajoute Isabelle. Ici, vous participez de façon plus active au processus et vous travaillez avec une équipe en vue d’élaborer la meilleure stratégie pour gérer vos finances. »

Catherine affirme que de nombreuses personnes peuvent se sentir réticentes à aller voir quelqu’un pour obtenir des conseils financiers après un changement important dans leur vie (qu’il s’agisse de la vente d’une entreprise, d’un divorce ou de la perte d’un emploi), mais que cela ne doit pas être perçu comme une montagne parce qu’elle-même et d’autres conseillers de BMO sont là pour aider.

« Le fait d’être soutenu et guidé dans une telle démarche peut vraiment réduire la pression pour une personne qui traverse une période difficile, souligne-t-elle. Savoir que vous n’êtes pas seul et que vous serez accompagné tout au long du processus aide habituellement à enlever une énorme quantité de pression. Nous voulons être en mesure de fournir des conseils impartiaux à nos clients afin de répondre à leurs besoins. »

les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2022 sont annoncés

Nous sommes fiers d’annoncer les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2022.

Cette année marque le 30e anniversaire du programme, qui a reçu plus de 10 000 candidatures d’entrepreneures de partout au pays. Après examen approfondi, 21 finalistes ont été sélectionnées dans l’ensemble des sept catégories. Cinq autres candidates ont été choisies pour recevoir le prix Entrepreneure prometteuse, qui vise à récompenser des entrepreneures qui ont lancé des entreprises ayant connu un succès étonnant en moins de trois ans.

Les femmes propriétaires d’entreprises et les dirigeantes finalistes ont été sélectionnées pour leurs réalisations dans un large éventail de secteurs, notamment l’IA, les technologies propres, l’ingénierie civile, les aliments et les boissons et la cybersécurité.

« Nous avons reçu un nombre record de demandes en cette année qui marque le 30e anniversaire du programme, et nous sommes honorées de célébrer les réalisations de nos finalistes de 2022, a affirmé Alicia Skalin, cochef de la direction de Femmes d’influence. Les prix soulignent l’esprit d’entreprise de notre pays et la contribution de femmes incroyables. Nos finalistes sont des visionnaires et font preuve d’une détermination à toute épreuve afin de concrétiser leurs rêves. »

Les gagnantes seront annoncées et célébrées en personne lors de la 30e remise annuelle des prix, le mercredi 23 novembre. Femmes d’influence est ravi de présenter ce prestigieux événement, où des candidates, des dirigeantes d’entreprise, des dignitaires et des invités de marque de l’industrie se réuniront une fois de plus pour une soirée d’inspiration, de style et de relations significatives avec des dirigeantes de partout au pays.

Les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC rendent hommage à des femmes propriétaires d’entreprise partout au Canada qui retiennent l’attention en raison de leur importante contribution à la vitalité des économies locale, canadienne ou mondiale. Les prix sont accordés à des femmes d’affaires et à des dirigeantes d’organisme sans but lucratif des trois grandes régions du Canada : l’Est, le Centre et l’Ouest.

« Depuis plus de 30 ans, les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC mettent en lumière les incroyables femmes propriétaires d’entreprise qui changent leur secteur d’activité, stimulent la croissance dans leur collectivité et inspirent la nouvelle génération des entrepreneures, a déclaré Greg Grice, vice-président directeur, Services financiers à l’entreprise, RBC. Le programme de cette année perpétue cette tradition, en dévoilant d’innombrables histoires d’innovation et de réussite par nos finalistes de 2022. Nous sommes honorés de présenter et d’appuyer cette force grandissante d’entrepreneures au Canada, et de participer à ce parcours de 30 ans aux côtés de Femmes d’influence et des dirigeantes remarquables qui ont constitué le cœur de ce programme. »

Les candidates doivent présenter un dossier de candidature étoffé. Les candidatures sont ensuite évaluées par un jury composé de chefs d’entreprise réputés, et sont soumises à un contrôle diligent effectué par KPMG.

Pour plus d’information, visitez le communiqué de presse. 

Voici les lauréates du prix Entrepreneure prometteuse 2022:

Voici les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2022:

Prix Micro-entreprise
Prix Nouvelle entreprise
Prix du dynamisme RBC
Prix de l’évolution sociale : Influence nationale
Prix de l’évolution sociale : Influence régionale
Prix de l’innovation
Prix de l’excellence

Nicole McLaren développe sa boîte d’abonnement axée sur les autochtones – et aide ses fournisseurs à prendre de l’expansion en même temps.

Nicole Mclaren

Lorsque Nicole McLaren a créé son petit club de lecture sur son lieu de travail, au sein d’une grande société minière de Vancouver, son objectif était de faire participer ses collègues à la réconciliation en utilisant la littérature pour les sensibiliser aux effets dévastateurs des pensionnats sur les peuples autochtones du Canada, ainsi qu’aux problèmes de société actuels.

Nicole, qui a des origines mixtes et des racines autochtones, s’est concentrée sur les auteurs autochtones pour aider ses collègues à mieux comprendre les choses. Réalisant qu’elle voulait toucher un public plus large que celui d’une seule entreprise, Nicole a créé l’entreprise Raven Reads, une boîte d’abonnement à des articles cadeaux et à des livres autochtones. En 2017, elle a lancé son entreprise depuis sa table de sa cuisine en ayant quelques abonnés seulement – et un objectif d’inspirer, d’éduquer et de créer un espace sûr pour le dialogue.

Aujourd’hui, les choses sont bien différentes. Grâce aux milliers d’abonnés et à sa portée beaucoup plus large, Nicole a pu transformer une activité secondaire en une entreprise florissante, ce qui lui a fourni des conseils précieux à transmettre. Elle agit maintenant à titre de mentor et de coach pour sa vaste chaîne d’approvisionnement d’entreprises appartenant à des Autochtones. Nicole élargit même ses activités pour y inclure des activités d’exécution des commandes. 

J’ai rencontré Nicole pour en apprendre davantage sur l’entreprise Raven Reads et sur sa mission permanente visant à soutenir et à renforcer l’économie autochtone en restant fidèle à ses valeurs et en travaillant en étroite collaboration avec sa vaste chaîne d’approvisionnement et ses investisseurs. 

 

Je sais qu’il n’est pas facile de transformer un projet qui nous passionne en une entreprise commerciale prospère. Pouvez-vous me parler des débuts de Raven Reads et de la façon dont vous avez commencé?

En arrivant dans le monde des boîtes d’abonnement, je me suis sentie un peu en retard. La plupart des grosses pointures ont démarré vers 2006 et 2007, mais aucune entreprise ne se concentrait sur les livres ou les articles cadeaux autochtones. À l’époque, je devais faire un trajet de quatre heures en bus et en train. J’ai donc augmenté mes données et passé tout ce temps à faire des recherches sur les boîtes d’abonnement et à rédiger un plan d’affaires. 

De plus, je me suis abonnée à d’autres boîtes et j’ai tout analysé – la qualité de la boîte, l’épaisseur du carton, le nombre d’articles et la façon dont ils étaient expédiés. J’ai ensuite demandé l’aide de l’entreprise Small Business BC pour résumer mes projections financières, laquelle m’a aidée à accéder à des fonds de démarrage par l’entremise d’une institution financière autochtone locale, Futurpreneur Canada, et de BDC. 

En septembre 2017, j’ai fait un prélancement, et lors du Cyberlundi, j’ai été interviewée par l’émission Unreserved de la CBC Radio. Du jour au lendemain, nous sommes passés de 20 à 200 abonnés. 

À cette époque, vous aviez une idée très précise – une boîte d’abonnement contenant un livre et deux cadeaux par période – et maintenant, vous travaillez pour encadrer, soutenir et promouvoir votre propre chaîne d’approvisionnement d’entreprises appartenant à des Autochtones. L’entreprise a-t-elle évolué dans cette direction de manière organique?

L’entreprise Raven Reads, qui représentait au début la quintessence de la boîte à outils pour la réconciliation, s’est transformée en une plateforme destinée à promouvoir les auteurs et les entrepreneurs autochtones, et ce changement s’est fait de manière organique. 

J’ai toujours été consciente du risque de me heurter à un mur en matière de capacités de fabrication des fournisseurs. Les fournisseurs ne manquaient certainement pas, et bon nombre d’entre eux faisaient preuve d’une plus grande créativité dans leurs offres. Cependant, il y a environ deux ans, j’ai commencé à réfléchir à la possibilité de développer une intégration plus verticale tout le long de la chaîne d’approvisionnement. Il s’agissait d’une approche de gestion des risques. Au cours des 18 derniers mois, nous avons examiné la façon de mettre en place un système plus intégré qui soutiendra les fournisseurs et nous aidera à diversifier et à faire croître notre entreprise. 

En ce qui concerne l’encadrement, nous aidons nos fournisseurs sur le plan des pratiques exemplaires pour la croissance, de la vente en gros, de l’expédition et de l’emballage, entre autres choses. Certains de nos fournisseurs sont devenus des amis proches, et nous essayons également de leur proposer des idées concernant les produits. Par exemple, SheNative est une créatrice et fabricante d’articles de maroquinerie qui est située à Saskatoon, et nous travaillons actuellement avec elle en vue d’élaborer un produit personnalisé qui sera exclusif à Raven Reads. Je suis toujours à la recherche d’occasions de collaboration comme celle-ci. 

“Du point de vue du consommateur, nous offrons certainement un moyen pratique d’accéder à des produits authentiques. Je sais qu’au cours de la dernière année, on a pris conscience de l’importance de vérifier l’origine des produits et de savoir qui les produit.”

Je suppose que les consommateurs utilisent votre boîte d’abonnement comme un moyen d’en apprendre davantage sur les entreprises et les produits appartenant à des Autochtones. Pouvez-vous surveiller le comportement des consommateurs pour voir si la boîte favorise la croissance des ventes de vos fournisseurs?

Nous sommes en train d’examiner la façon dont nous pourrions surveiller la boucle de rétroaction. Ce mois-ci, nous inclurons dans la boîte un code de réduction unique pour chacun de nos fournisseurs. Ainsi, si vous aimez quelque chose qui se trouve dans la boîte de ce mois-ci, vous pourrez utiliser le code pour acheter d’autres produits sur le site Web, et nous pourrons commencer à faire le suivi des ventes de manière plus quantitative. Nous savons que nous contribuons à faire connaître les marques et les auteurs autochtones. 

Du point de vue du consommateur, nous offrons certainement un moyen pratique d’accéder à des produits authentiques. Je sais qu’au cours de la dernière année, on a pris conscience de l’importance de vérifier l’origine des produits et de savoir qui les produit. Nous fournissons cette transparence afin que nos abonnés sachent qu’ils peuvent faire confiance aux produits que nous offrons. 

De nombreuses organisations lancent des programmes de diversité des fournisseurs dans le cadre de leur engagement à l’égard de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. Pensez-vous que ces programmes pourraient avoir un impact? 

Je pense certainement que ces programmes pourraient avoir un impact. Toutefois, d’après les observations que j’ai faites en travaillant avec d’autres femmes autochtones essentiellement au Canada, je constate un certain fossé entre l’offre et la demande en ce qui concerne les programmes de diversité des fournisseurs. 

De nombreux fournisseurs souhaitent y participer, mais il y a un retard dans les mesures d’orientation et de soutien qui sont mises en place pour leur permettre de fabriquer des produits susceptibles d’être demandés par un grand nombre de ces programmes. De plus, si un fournisseur a un produit susceptible d’entrer dans cette catégorie, il ne disposera peut-être pas de la capacité de fabrication ou du capital requis afin de produire les quantités nécessaires pour passer les commandes. 

Selon vous, quelle est la solution à ce problème?

Il faudra davantage de financement. Il existe beaucoup de financement pour aider les gens à démarrer leur entreprise, mais je vois beaucoup de collègues et de fournisseurs qui sont en situation d’attente. Ils ne peuvent pas profiter de ces possibilités de mise à l’échelle massive en raison du manque de capitaux pour obtenir le matériel nécessaire à cette fin, ou parce que la perturbation de la chaîne d’approvisionnement entrave leur capacité à obtenir des matériaux d’emballage ou des matières premières. Par conséquent, ils sont sollicités par les acheteurs qui veulent obtenir différentes choses, mais ils doivent refuser leurs demandes. 

Je sais que vous avez obtenu des fonds dès le début, y compris de BDC, pour lancer Raven Reads. Avez-vous éprouvé des difficultés à trouver d’autres sources de financement pour votre entreprise?

À mon avis, il est beaucoup plus facile de trouver des fonds de démarrage. Lorsque vous êtes en phase de croissance, vous devez prendre des décisions importantes quant à vos besoins de financement et au type de financement le mieux adapté à ces besoins. 

Pour moi, l’examen des options dilutives a été une grande courbe d’apprentissage – c’est quelque chose que je ne connais pas très bien. Selon mon expérience, l’investissement en actions est encore assez nouveau pour les femmes autochtones propriétaires de petites entreprises. L’idée de renoncer à une partie de ce que l’on possède peut être assez intimidante. Plus vous en verrez, plus ce sera facile pour vous et moins vous aurez peur. Le fait de se mettre au travail et d’apprendre comment cela fonctionne constitue un investissement en temps. 

“En tant que propriétaire d’une marque axée sur les impacts, je recherche des investisseurs axés sur les impacts, des partenaires qui cadrent avec nos valeurs.”

Je comprends que vous êtes actuellement à la recherche d’une autre ronde de financement. Quelles sont les prochaines étapes pour Raven Reads en termes de plans de croissance?

Nous étudions actuellement la manière d’assurer l’expansion de l’entreprise Raven Reads. Nous avons des exigences opérationnelles, et nous devons innover et nous améliorer afin d’y répondre. La pandémie nous a finalement obligés à quitter notre sous-sol en octobre dernier, et nous avons déménagé dans un entrepôt – lequel est déjà devenu trop petit pour nous. 

Nous avons un plan de croissance ambitieux pour Raven Reads afin d’occuper une plus grande place sur le marché nord-américain du commerce électronique par abonnement. En même temps, nous cherchons également à lancer un réseau logistique entièrement intégré pour les marques autochtones et les autres marques sous-représentées de l’Ouest canadien. Ce réseau comprendra un entrepôt de 100 000 pieds carrés, une fabrication en sous-traitance, et une entreprise de logistique ici en Colombie-Britannique. Il est donc certain que nous avons des besoins en capitaux importants. 

De mon côté, je tente de mobiliser des fonds simultanément pour ces deux aspects. Nous voulons pouvoir répondre aux besoins de Raven Reads et de ses fournisseurs en matière de logistique et d’exécution des commandes, tout en proposant une composante de fabrication en sous-traitance qui permettrait aux clients de confier la production de leurs produits à une entreprise appartenant à des femmes autochtones. Cela leur permettrait de produire des quantités plus importantes et de pouvoir ainsi tirer parti des commandes des grands détaillants. 

En tant que propriétaire d’une marque axée sur les impacts, je recherche des investisseurs axés sur les impacts, des partenaires qui cadrent avec nos valeurs. 

Grâce à votre entreprise, vous êtes devenue mentor pour de nombreuses autres femmes entrepreneurs autochtones. Quels conseils leur donnez-vous généralement lorsque vous les encadrez?

J’ai l’impression que les femmes entrepreneurs autochtones ont tendance à être timides lorsqu’il s’agit de formuler leurs objectifs les plus ambitieux, que ce soit en raison de leur culture ou de la façon dont elles ont été élevées. Elles hésitent à dire « Je voudrais créer une entreprise de plusieurs millions de dollars », et le fait de parler de « sorties » peut aussi les rendre mal à l’aise. Je les encourage donc à être plus transparentes, à planifier leur croissance et à accepter d’être des propriétaires d’entreprises ambitieuses. Je trouve également que bon nombre d’entre nous cherchent à offrir une vaste gamme de produits, et mon conseil serait de ne pas trop vous éparpiller en ce qui concerne la diversité de votre offre de produits. Vous devriez plutôt vous concentrer sur l’établissement d’une offre de produits de base et de le faire vraiment bien.

En parlant d’une offre de produits de base, votre engagement à présenter des livres en tant que principale composante d’une boîte d’abonnement de Raven Reads s’est-il affaibli au fil du temps? Je suis également curieux de savoir comment vous choisissez les livres et les auteurs à présenter. 

Le livre demeure le fondement de Raven Reads car il permet d’apporter un apprentissage concret et d’accroître la sensibilisation. J’ai lancé la boîte dans la foulée de la publication des rapports de la Commission de vérité et réconciliation, et l’appel à l’action a été immédiat. Le livre de Tanya Talaga intitulé Seven Fallen Feathers est le premier que nous avons choisi, car il s’agissait d’un livre essentiel pour lancer le projet. Depuis ce temps, nous n’avons pas choisi beaucoup d’œuvres non romanesques. Nous recherchons toujours des livres qui ont été publiés au cours des 90 derniers jours afin d’éliminer le risque qu’ils aient déjà été achetés, et nous essayons de rester à l’affût des nouveautés des auteurs autochtones canadiens et américains. 

Pour les personnes qui commencent leur aventure dans la littérature autochtone, quels sont les cinq livres les plus importants que vous leur recommandez de lire en premier?

Mon étagère est remplie de livres que je recommande, mais les cinq livres suivants sont particulièrement bouleversants. In Search of April Raintree de Béatrice Mosionier, Indian Horse de Richard Wagamese, Birdie de Tracey Lindberg, The Break de Katherena Vermette. Et, bien sûr, Seven Fallen Feathers, que je recommande toujours comme un bon point de départ. 

Q et R: Katell Burot, la PDG et cofondatrice de Carrément Tarte a choisi ses priorités: la santé de ses employés et de ses fournisseurs avant tout et malgré les circonstances difficiles dans laquelle elle navigue.

Katell Burot

Katell Burot est cofondatrice et PDG de Carrément Tarte, une entreprise de transformation alimentaire primée et en pleine croissance, spécialisée dans la fabrication de produits gastronomiques prêts à garnir et prêts à servir. Comptable professionnelle agréée en France et au Canada avant de se lancer dans son aventure entrepreneuriale, Katell s’engage désormais dans le développement du secteur agroalimentaire, travaillant à bâtir son entreprise et à changer l’image et la perception de l’industrie.

 

Comment avez-vous géré les finances de votre entreprise pendant la pandémie?

L’arrivée de la pandémie a fait peser beaucoup d’incertitudes : pertes de certains marchés (la restauration), ralentissement de notre croissance et mise sur la glace de notre projet d’agrandissement, risque sur plusieurs comptes clients à recevoir. L’approche a tout de suite été réactive au niveau du cash-flow. Quelle est le risque pour les 3 prochains mois, y-a-t-il des facilités dont nous pourrons bénéficier? Le partage entre entrepreneur a été clé dans cette période, pour partager les bons et mauvais coups. Nous avons utilisé les possibilités de financement qui se sont offertes à nous : prêt d’urgence, moratoire…Heureusement pour nous, les effets des premières semaines se sont rapidement estompés au profit d’une croissances des affaires sur le marché du détail et des épiceries en ligne.

Votre approche des ventes et du marketing a-t-elle changé? 

Nous avons en effet recentré l’ensemble de nos ventes sur le marché des épiceries, et à l’intérieur de celui-ci avons fait grandir nos partenariats avec des joueurs de l’épicerie en ligne. La stratégie était simple, puisque le développement des affaires et le démarchage traditionnel, via les visites de magasin, n’était plus possible, concentrons-nous à faire grandir nos partenaires actuels. Malheureusement ce recentrage nous a obligé à mettre certaines de nos forces de travail à temps partiel. 

Nous avons aussi participé à de nombreuses initiatives de plateforme de ventes en ligne. Certaines avec plus ou moins de succès, il faut avouer…chaque jour une nouvelle plateforme apparaissait ! Aujourd’hui, il ne reste pas beaucoup de ces initiatives encore actives. Mais cela a initié la réflexion de la vente en ligne au sein de l’entreprise.

Quel rôle la technologie a-t-elle joué dans votre entreprise pendant cette période? 

E-commerce, E-commerce, E-commerce…le maitre mot du tournant qu’à fait prendre la pandémie aux entreprises de la transformation alimentaire. Carrément Tarte suit cette tendance, après avoir procédé à une planification stratégique, nous travaillons actuellement à la mise en place d’un site transactionnel et d’une stratégie digitale, qui viendra s’intégrer à notre modèle d’affaires de manufacturier. 

Comment avez-vous préservé votre moral (et celui de votre équipe)?

Définitivement, « care/porter attention » est le mot qui décrit le plus l’état d’esprit de ces mois tumultueux! Porter attention à nos employés, qui attendaient des gestes forts pour répondre à une certaine anxiété. Carrément Tarte comme transformateur alimentaire n’a jamais arrêté ses opérations.  Porter attention à nos clients, dont certains en restauration, ont vécus des mois extrêmement difficiles. Porter attention à nos fournisseurs qui subissaient des arrêts d’approvisionnements, des réductions de main d’œuvre. Et pour finir, porter attention à nous en tant qu’entrepreneur! On est des tout-terrains, la gestion de crise nous apporte de l’adrénaline…mais nous ne sommes pas tous égaux dans cet environnement.  

Quel conseil donneriez-vous aux entrepreneurs de votre secteur aujourd’hui?

Mon mantra depuis le début de notre aventure est « make-it happen! ». Il n’appartient qu’à nous de réaliser notre rêve. Évidemment, c’est un peu comme faire l’équilibriste, car nous savons tous qu’il faut aussi avoir une dose de réalisme er de pragmatisme. Une chose est sure par contre, il ne faut pas écouter tout le monde et encore mois au début. Les bonnes idées et les opportunités n’existent que parce qu’elles ne sont pas vues par tout le monde justement!  

les lauréates des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2021 sont annoncés

Sept lauréates ont été récompensées à la 29e remise annuelle des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2021, présentés par Femmes d’influence. Elles se joignent aux cinq lauréates de la nouvelle catégorie Entrepreneure prometteuse, qui avaient été dévoilées en septembre. 

Les lauréates de chacune des catégories de prix sont des leaders qui ont non seulement relevé les nombreux défis des deux dernières années et demie, mais qui ont continué de tenir les rênes de l’économie canadienne à un moment critique. Les femmes qui forment ce groupe exceptionnel cette année ont été choisies pour leurs réalisations dans un large éventail de secteurs, dont les médias, la gestion du capital de risque, les vêtements, la construction, les services médicaux et la cyber sécurité.

Compte tenu de l’incroyable essor du programme cette année, la catégorie « évolution sociale » a été élargie. Ce prix comprend maintenant deux catégories : 1) le Prix de l’évolution sociale : Influence régionale, qui est remis à la gestionnaire d’un organisme de bienfaisance enregistré, d’une entreprise sociale ou d’un organisme sans but lucratif se consacrant à un aspect précis du changement social, à un niveau local ou régional ; 2) le Prix de l’évolution sociale : Influence nationale, qui est remis aux gestionnaires dont l’organisation a une portée nationale ou internationale.

« C’est un honneur pour RBC de célébrer les réalisations d’entrepreneures canadiennes qui ont joué un rôle crucial dans la réussite des affaires au Canada, déclare Greg Grice, vice-président directeur, Services financiers à l’entreprise, RBC. Les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC sont l’une des nombreuses façons dont nous exprimons notre soutien aux femmes, en faisant connaître et valoir leur parcours inspirant. Nous sommes fiers de braquer les projecteurs sur les lauréates de cette année, qui sont des chefs de file exceptionnelles, des innovatrices et des étoiles montantes. Leur leadership, leur passion et leur esprit d’entreprise sont des sources d’inspiration pour la nouvelle génération d’entrepreneurs canadiens qui souhaitent réaliser leurs ambitions et faire partie du dynamique milieu des affaires canadien. »

Les prix, qui en sont à leur 29e année d’existence, visent à reconnaître l’impressionnante contribution des entrepreneures du pays à l’économie locale, canadienne ou mondiale. Le jury est composé de 16 des meilleures dirigeantes d’entreprise canadiennes. Y siègent notamment Raymonde Lavoie, présidente, DesArts communication ; Julie Cole, cofondatrice et directrice générale principale, Relations publiques, Mabel’s Labels Inc.; Surranna Sandy, chef de la direction, Skills for Change ; Elizabeth Dipchand, avocate spécialisée en propriété intellectuelle, Dipchand LLP ; Sagal Dualeh, directrice du Programme de préparation à l’investissement, Fondation canadienne des femmes.

L’annonce officielle des lauréates de 2021 a eu lieu le 17 novembre lors de la diffusion en direct du gala des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC. Animé par Marcia MacMillan, présentatrice de nouvelles pour la chaîne CTV News Channel, le gala a pris la forme d’un événement virtuel expérientiel en direct, transportant les invités d’un océan à l’autre pour rencontrer les lauréates du prix Entrepreneure prometteuse et les finalistes des prix dans leurs villes d’origine.

Cette année, nous avons reçu un nombre record de 10 458 mises en candidature soulignant la contribution de femmes entrepreneures des quatre coins du pays. Voici le nom des lauréates d’un prix en 2021 :

Le gala a également rendu hommage aux gagnantes du Prix de l’entrepreneure prometteuse: Alison Duke et Ngardy Conteh George, OYA Media Group ; Esther Vlessing, Canada Emergency Medical Manufacturers ; Naomi Blackman et Mikayla Wujec, alder apparel ; Marie-Claude Desjardins, Hardware Rebels ; Julianna Tan et Shawnda Blacklock, The Little Market Box. 

« Nous sommes honorées de souligner les incroyables réalisations des lauréates de cette année, a déclaré Alicia Skalin, cochef de la direction et responsable des activités, Femmes d’influence. Ces femmes ont attaqué de front les incertitudes de 2021 et ont trouvé des moyens innovants de prendre de l’expansion. Leur impact économique sur notre pays en période de turbulence a été tout à fait remarquable. » 

Pour plus d’information, visitez le communiqué de presse

Q et R : Priya Chopra, fondatrice et PDG de 1Milk2Sugars, a créé l’une des entreprises de relations publiques ayant connu la croissance la plus rapide au Canada.

Priya Chopra

Priya Chopra est la fondatrice et directrice générale de 1Milk2Sugars, une agence de communication bilingue spécialisée dans le marketing numérique et les relations publiques pour les marques de style de vie. Lancée en 2012, cette agence primée dispose désormais de bureaux à Montréal et à Toronto, et au cours des deux dernières années à peine, a connu une croissance de plus de 200 %. Ardente défenseure de l’égalité, en novembre 2020, Priya a lancé son initiative la plus ambitieuse : Double shot, une division de gestion des talents visant à mieux faire entendre la voix des PANDC et des personnes sous-représentées dans le secteur de marketing de style de vie.

 

Comment avez-vous géré les finances de votre entreprise pendant la pandémie?

La pandémie a démontré la nécessité pour les entreprises de se préparer à diverses situations financières, et 1Milk2Sugars ne fait pas exception. 

Avec l’aide de nos partenaires financiers, nous examinons régulièrement nos objectifs et établissons des prévisions financières pour nous aider à allouer nos ressources. Ce processus, couplé à notre budget annuel, fournit une vue d’ensemble de nos finances et nous indique comment nous évoluons par rapport à nos estimations. 

De plus, nous avons également obtenu un financement abordable qui a considérablement augmenté notre fonds de roulement. La sécurité financière est essentielle pour nous permettre d’accepter davantage de clients, de réaliser des campagnes et de pouvoir faire face aux périodes d’inactivité. Ce financement a également été crucial pour nous aider à lancer notre nouvelle entreprise, Double shot, en sachant que notre situation financière était solide. Le maintien d’une source stable de capitaux restera une priorité pour 1Milk2Sugars tout au long de la pandémie et au-delà.

Votre approche des ventes et du marketing a-t-elle changé? 

Nous avons la réputation d’offrir un service à la clientèle inégalé dans le secteur. L’attention que nous apportons à nos clients et les résultats que nous obtenons ont renforcé le marketing de bouche à oreille, au point que notre activité est désormais principalement basée sur les recommandations. Alors que nous effectuions autrefois des visites de représentant pour promouvoir notre entreprise, ce sont les clients qui viennent désormais à nous! 

Toutefois, nous ne prenons pas notre succès pour acquis. Nous mettons en pratique ce que nous prêchons et utilisons un bon nombre des techniques de valorisation de la marque que nous appliquons à nos clients. Par exemple, nous avons un responsable des relations publiques spécialement chargé d’assurer la couverture de nos agences dans les médias spécialisés, du milieu des affaires et du style de vie. De plus, nous recherchons les occasions de faire preuve de leadership éclairé qui mettent en valeur notre expertise en matière de communication de marque. 

Pour renforcer notre réputation et notre position auprès de notre clientèle cible, nous postulons régulièrement à des prix qui mettent en lumière notre activité et notre travail. Par exemple, notre agence a été désignée comme l’une des entreprises à la croissance la plus rapide du Canada selon la Growth List 2020, et nous sommes certifiés Great Place to Work®. Nous avons reçu des distinctions du secteur d’activité, notamment un prix d’excellence en communication de la SCRP qui reconnaît nos réalisations en matière de promotion de la diversité et de l’inclusion, ainsi qu’un prix PR Daily qui reconnaît l’excellence en matière de journalisme de marque et de création de contenu. Sur un plan personnel, j’ai récemment été nommée Leader inspirante de l’année par un grand magazine d’affaires canadien. 

Dans le cadre de notre stratégie marketing, nous mettons activement à jour notre blogue, « No Filter », en y ajoutant des informations et des perspectives utiles sur le milieu de la communication de marque. Nous distribuons également deux bulletins d’information destinés aux abonnés, l’un pour 1Milk2Sugars et l’autre pour Double shot, et nous maintenons de solides profils de médias sociaux pour les deux agences. 

Tous ces facteurs fonctionnent conjointement dans le but de faire de 1Milk2Sugars la meilleure agence de marketing numérique et de relations publiques pour répondre aux besoins de nos clients.

Quel rôle la technologie a-t-elle joué dans votre entreprise pendant cette période? 

En tant qu’agence de marketing numérique, la technologie est au cœur de notre activité, qu’il s’agisse de la surveillance et de l’analyse des médias, de la gestion du contenu ou de la diffusion d’informations. Ces systèmes logiciels nous permettent d’optimiser nos services et de rationaliser nos flux de travail afin de garantir que nos clients tirent le meilleur parti de leur budget marketing. 

Au cours de la seule année dernière, nous avons dévoilé une série de nouveaux services numériques, notamment le commerce électronique et le développement web, le marketing par courriel, la publicité par référencement payant et le conseil en référencement, afin d’aider nos clients à intensifier leur présence en ligne. Depuis le début de la pandémie, nous avons continué à créer du contenu en demandant à notre photographe de travailler seul en studio et de transmettre le contenu numériquement à l’équipe chargée des comptes pour les approbations pré-clients.

De plus, nous avons lancé une salle d’exposition numérique pour aider nos marques à maximiser leurs relations publiques en l’absence d’événements de lancement en personne ou d’entretiens au bureau pendant la pandémie. Cette nouvelle plateforme, la première du genre au Canada, permet aux médias de consulter en toute transparence des images haute résolution, des communiqués de presse et la tarification des produits, et de vérifier la disponibilité des produits ainsi que les détails d’emprunt pour nos clients, sur demande et 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Enfin, notre équipe s’est rapidement tournée vers l’organisation d’événements virtuels dans le contexte de la pandémie. Des tutoriels de coiffure en ligne avec des coiffeurs célèbres aux séances de yoga virtuelles, nous avons misé sur la technologie et la créativité afin de réaliser des expériences de marque vraiment mémorables pour nos clients et leurs publics cibles. 

Comment avez-vous préservé votre moral (et celui de votre équipe)?

Le côté positif de cette pandémie, c’est qu’elle a révélé l’importance de la santé et a obligé les dirigeants à réexaminer leurs engagements en matière de bien-être au travail. 

Même si, chez 1Milk2Sugars, nous accordons depuis longtemps la priorité à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, la pandémie de COVID-19 nous a fait redoubler d’efforts pour garantir cet équilibre comme jamais auparavant. Au cours des 18 derniers mois, nous avons mis en place plusieurs initiatives visant à rapprocher notre équipe, même si nous travaillons séparément. Certaines activités, comme les séances hebdomadaires de méditation guidée, étaient de nature plus légère, tandis que d’autres, comme les tables rondes vidéo, visaient à promouvoir la productivité et la collaboration entre pairs.

Nous avons également lancé un nouveau bulletin d’information sur les « victoires hebdomadaires » afin d’insuffler la positivité et de mettre tout le monde au courant des réalisations de l’agence, comme les nouvelles acquisitions d’entreprises, les renouvellements de contrats ou la couverture médiatique positive pour nos clients et l’agence. Pour nous-mêmes, entre collègues, nous avons créé « l’appréciation sur la sellette » : un membre de l’équipe s’assoit sur la « sellette » et tous les employés disent à tour de rôle ce qu’ils aiment et admirent chez cette personne. C’était notre façon d’insuffler la positivité pendant une période autrement stressante et inquiétante.

Quel conseil donneriez-vous aux entrepreneurs de votre secteur aujourd’hui?

Le seul conseil que je donnerais à mes pairs entrepreneurs est de consacrer du temps (et des ressources au besoin) à la définition de leur énoncé mission. Ne le traitez pas comme une réflexion après coup; c’est l’étoile polaire qui guidera votre prise de décisions dans tous les domaines, des nouvelles affaires au recrutement en passant par la responsabilité sociale des entreprises. 

Non seulement votre énoncé de mission expliquera de façon transparente aux employés et aux clients la raison d’être de votre entreprise, mais il clarifiera vos priorités lorsque des événements imprévus, comme cette pandémie, se produiront soudainement. Je ne saurais trop insister sur l’importance d’un énoncé de mission bien pensé pour gérer une équipe et diriger une entreprise prospère.

Comment les personnes inspirantes peuvent contribuer à la réussite d’une carrière, quel que soit le secteur d’activité.

Indira Moudi

De nombreux entrepreneurs acquièrent les connaissances dont ils ont besoin pour lancer leur entreprise en travaillant d’abord sur le terrain pour quelqu’un d’autre. Indira Moudi, une cliente de longue date de BDC, a pris un chemin très différent. Elle a mené des carrières couronnées de succès en entreprise et en tant qu’entrepreneure, dans deux secteurs très différents. 

Diplômée en génie industriel de Polytechnique Montréal, Indira a commencé sa carrière comme ingénieure sur le terrain dans le secteur de l’énergie. Elle a ensuite gravi les échelons jusqu’à des postes de direction, pour finalement devenir présidente régionale de Baker Hughes, l’une des plus grandes entreprises de services pétroliers au monde. Au cours de ses 20 ans de carrière dans le secteur de l’énergie, elle a vécu et travaillé dans le monde entier, notamment en Afrique occidentale et centrale, en Europe, aux États-Unis, au Canada et en Inde. 

La suite de sa carrière l’a conduite à Shawinigan, au Québec – à deux heures de route au nord de Montréal, ou au sud de la ville de Québec – où elle s’est installée pour diriger Viandes Lafrance, une entreprise de transformation alimentaire qu’elle a acquise en 2012 avec son mari, le Dr Guillaume Pham. Indira est présidente et directrice générale de l’entreprise, dans un secteur d’activité qui présente une similitude notable avec le secteur de l’énergie : ces deux industries sont majoritairement dirigées par des hommes.  

Indira a travaillé dur pour changer cela, à la fois comme modèle et comme leader. Elle a contribué au recrutement et à la promotion de jeunes ingénieures et techniciennes dans le domaine de l’énergie et, dans sa propre entreprise, elle a délibérément fait en sorte que son personnel compte 20 % de femmes. 

Elle m’a récemment rencontrée pour me parler de son histoire hors du commun et des modèles qui ont contribué à façonner son propre parcours professionnel, l’inspirant à relever de nouveaux défis, à apprendre de nouvelles choses et à apporter son appui aux autres en cours de route. 

 

Il est fascinant de constater que vous êtes passée du statut de cadre international dans le secteur de l’énergie à celui de propriétaire d’une PME de transformation alimentaire en pleine campagne québécoise. Comment cette transition s’est-elle faite?

À 18 ans, j’ai dit à ma mère que je posséderai ma propre entreprise, et c’est la principale raison pour laquelle j’ai étudié le génie industriel à Polytechnique de Montréal. Il n’est pas surprenant qu’après avoir travaillé pendant cinq à six ans pour une société, j’ai envisagé de diriger ma propre entreprise.  Au début, je me voyais bien à la tête d’une entreprise en démarrage. En 2004, tout en travaillant à plein temps, j’ai lancé African Suppliers, qui fournissait aux entreprises africaines une expertise en matière de contrôle de la qualité, de ressources humaines et de gestion de projet. J’ai constaté que les choses n’allaient pas assez vite pour moi, et j’ai réalisé qu’en acquérant une entreprise existante, je pouvais m’y mettre directement et avancer plus rapidement. 

En 2008, j’ai commencé à rechercher activement des occasions d’affaires. Je suis venue au Canada avec mon mari, et nous avons visité une quinzaine d’entreprises de la Mauricie, au Québec, par le biais de la SADC (Société d’aide au développement des collectivités). J’avais décidé de fonder une famille dans la quarantaine, et mon mari et moi voulions avoir nos enfants au Canada. Je n’avais pas d’exigences particulières sur le secteur; je ne voulais rien de trop petit, et je voulais quelque chose qui me mette au défi. 

Après des années de recherche, l’occasion s’est présentée en 2012 avec cette entreprise familiale qui était en bonne santé financière et qui avait des propriétaires compétents. Le marché de la production de viande était en pleine croissance et, bien que nous ne connaissions rien à l’industrie agroalimentaire, nous étions convaincus que c’était une occasion à saisir. Nous nous sommes vraiment bien entendus avec le propriétaire de l’entreprise, dont nous sommes d’ailleurs encore très proches aujourd’hui, et nous lui avons fait une offre.

« En réalité, cela a été l’une des années les plus chargées de ma vie. Au cours de cette année, j’ai donné naissance à mon premier enfant, j’ai acquis la société et j’ai commencé à occuper un poste de direction en tant que présidente régionale de Baker Hughes en Afrique centrale. »

Alors, c’était tout? Vous avez quitté le secteur de l’énergie pour vous consacrer à plein temps à Viandes Lafrance?

En réalité, cela a été l’une des années les plus chargées de ma vie. Au cours de cette année, j’ai donné naissance à mon premier enfant, j’ai acquis la société et j’ai commencé à occuper un poste de direction en tant que présidente régionale de Baker Hughes en Afrique centrale. Dans le secteur de l’énergie, ce poste chez Baker Hughes représentait l’un des sommets de ma carrière, et il m’était impossible de le refuser. Mon mari m’a dit : « Ma chère, tu es une femme de carrière, accepte ce travail et je m’occuperai de l’entreprise ». Nous avons donc mené ces deux activités en parallèle pendant quelques années.

Pendant cette année, nous avons eu beaucoup de choses à faire, et honnêtement, je n’aurais pas pu le faire sans l’aide de ma famille. Mes parents, tous deux médecins récemment à la retraite, m’ont aidée en prenant soin du bébé pendant que j’allais travailler. J’ai vu ma mère travailler et élever une famille, et je savais que je pouvais faire les deux, grâce au merveilleux modèle que j’avais en elle. En fait, mes deux parents ont toujours été des modèles pour moi.

C’est merveilleux de pouvoir grandir avec des modèles forts dans son propre foyer. En dehors de cet équilibre entre carrière et éducation, y a-t-il d’autres choses que vous avez apprises d’eux et qui ont influencé votre propre parcours?

Tout à fait. Je suis née en Algérie, je suis deuxième de trois filles et j’ai été élevée dans huit pays différents. Ce n’est que lorsque j’ai eu 16 ans que mes sœurs et moi nous sommes installées à Montréal, mais mes parents ont continué à voyager pour leur travail. J’avais des racines dans tellement de pays différents que je n’ai jamais eu peur de me déplacer, de relever de nouveaux défis, d’apprendre de nouvelles choses partout où j’allais, ou d’embrasser la diversité.  

Mes parents ont tous deux joué un rôle de premier plan dans leur carrière. Ils ont compris mon dynamisme et mon ambition et m’ont soutenu tout au long de mon parcours. Cela a eu un impact certain. Le premier emploi que j’ai occupé était un poste d’ingénieure de terrain au Nigéria pour Schlumberger, une entreprise multinationale de technologie travaillant dans le secteur du pétrole et du gaz, et trois ans plus tard, j’ai obtenu un poste de direction au Gabon. 

Ma fille aînée étudie l’ingénierie et je trouve surprenant de voir aussi peu de femmes inscrites dans ce programme, encore aujourd’hui. J’imagine que lorsque vous avez commencé, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, le secteur était encore plus dominé par les hommes? 

Oui, mais le secteur mondial de l’énergie était très conscient de la nécessité d’attirer davantage de diversité. Le secteur en particulier était en plein essor, et Schlumberger était très avant-gardiste en matière de recrutement et de formation des femmes. En fait, en 2002, on m’a demandé de travailler au service des RH de Schlumberger, dans le domaine du recrutement, avec pour mission de rechercher davantage de personnes comme moi. Ce poste m’a conduit à Paris, où j’ai rencontré mon compagnon de vie, et pendant ces années, j’ai pu engager, avec mon équipe de 12 recruteurs, plus de 3 000 nouvelles recrues par an pour l’entreprise. 

C’est impressionnant! J’imagine qu’avec votre propre succès, vous étiez un modèle très inspirant pour les femmes qu’ils espéraient attirer.  

Oui, et j’ai senti qu’il était de mon devoir d’être ce modèle. Au cours de ma carrière dans le secteur de l’énergie, de nombreuses personnes ont participé à l’avancement des femmes leaders, puis c’était à notre tour de faire de plus grandes choses, d’aider d’autres femmes à progresser et d’être des modèles pour la prochaine génération de femmes dans le secteur.

« Chez Lafrance, nous avons non seulement augmenté la représentation des femmes dans nos effectifs à 20 %, mais nous sommes également passés d’une seule nationalité dans l’entreprise au début, à 12 aujourd’hui. »

Qu’en est-il dans votre rôle actuel, dans un autre secteur dominé par les hommes? 

C’est le même dévouement qui m’anime. En tant que femme et membre d’une minorité à Shawinigan, je crois qu’il est de ma responsabilité d’ouvrir la voie aux autres. Je ne suis pas arrivée là où j’en suis aujourd’hui sans aide ni soutien, et plus j’aide et encadre les autres, plus je me sens épanouie. Qu’il s’agisse d’aider les filles de mes amis qui poursuivent des études d’ingénieur, d’encadrer mon équipe à Lafrance ou de participer à des groupes d’experts ou à des événements, je consacre toujours du temps aux autres. 

Et cela va au-delà du genre. Chez Lafrance, nous avons non seulement augmenté la représentation des femmes dans nos effectifs à 20 %, mais nous sommes également passés d’une seule nationalité dans l’entreprise au début, à 12 aujourd’hui. Pourtant, notre effectif compte seulement 40 personnes. Je peux vous dire que la création d’une entreprise diversifiée n’est pas une mince affaire. Trouver les bonnes personnes et faire en sorte que tout le monde se comprenne et travaille ensemble demande du courage et de la patience, mais c’est la bonne voie vers la prospérité et l’inclusion.  

Compte tenu de votre expérience, quels conseils donnez-vous aux autres femmes qui souhaitent emprunter une voie similaire à la vôtre? 

Le conseil que je donne aux autres femmes est le même que celui que je donne à mes propres enfants : lorsque vous tombez, relevez-vous et allez de l’avant, avec courage et résilience. Rêvez en grand et poursuivez votre rêve. 

Je crois aussi qu’il est important que les femmes sachent que le temps de l’épuisement est révolu. J’ai pu mener toute cette carrière sans m’épuiser, et c’est parce que j’ai pris le temps de prendre soin de moi, à la fois physiquement et mentalement. Je demande de l’aide et j’accepte de l’aide, car aucun de nous ne peut y arriver seul. En particulier, si vous souhaitez vous concentrer sur votre carrière, fonder une famille et élever un enfant, il est essentiel de disposer de l’aide et du soutien adéquats. 

En tant que femme de carrière et mère, je tiens à exprimer une autre réflexion sur la maternité : nous ne sommes pas mères uniquement pour avoir donné naissance, mais aussi lorsque nous nous occupons d’enfants. Beaucoup d’enfants dans ce monde ont des parents qui sont absents de leur vie quotidienne, pour quelque raison que ce soit; pour moi, c’est une grâce d’avoir des neveux, des filleuls, des enfants de la famille ou d’amis dont nous pouvons nous occuper et qui nous considèrent comme leurs mères ou leurs tantes. Dans certaines cultures africaines ou indiennes, par exemple, il est très naturel d’élever un enfant qui ne vous appartient pas. Si au cours de notre carrière de femme, nous ne pouvons pas donner naissance à un enfant pour une raison quelconque, la possibilité de s’occuper d’autres enfants est vraiment une source d’épanouissement. Mon père a toujours dit que nous ne sommes pas uniquement le fruit de l’éducation de nos parents, mais aussi de la contribution de nos professeurs, de nos voisins et de la communauté qui nous entoure. Il faut un village pour élever un enfant.   

J’ai consciemment choisi d’avoir des enfants à la quarantaine parce que je voulais me concentrer sur le développement de ma carrière, et aussi parce que je voulais être en mesure de consacrer du temps de qualité à nos enfants. Mon père disait toujours : « Voyage loin, mais fais-le tant que tu es jeune. » Et il avait raison. Plus récemment, j’ai été heureuse de pouvoir ralentir un peu le rythme, de diriger Lafrance ici au Québec et d’élever nos deux enfants. Le prochain chapitre de ma vie consistera à redonner, à partager mon expertise en tant que leader mondiale et à inspirer la prochaine génération. Nous devons laisser un monde meilleur à nos enfants, et cela se fera en montrant l’exemple tout en étant responsable.

Sarah White puise dans son courage pour conduire le changement et être elle-même authentique.

Sarah White

On dit souvent qu’il faut du courage pour être entrepreneur, mais je pense que c’est plus compliqué que cela. Après avoir travaillé pendant près de 27 ans auprès d’entrepreneurs à BDC, j’ai appris que chaque personne avait sa propre définition du mot courage. 

Parfois, il s’agit du courage d’un innovateur qui lance une idée inédite n’ayant jamais été éprouvée jusqu’ici dans le monde. D’autres fois, il s’agit de la capacité à faire face à n’importe quel obstacle et à le transformer en une occasion de croissance. Il arrive aussi qu’un entrepreneur doive faire preuve de courage pour être simplement lui-même et bâtir son entreprise comme il l’entend (un problème pour de nombreux propriétaires d’entreprises sous-représentés – problème que mon équipe et moi aidons à résoudre). 

Il est rare que ces trois définitions s’appliquent, mais c’est le cas pour Sarah White et Denise Taschereau, cofondatrices de Fairware. Au cours des 16 dernières années, elles ont fait de leur entreprise de Vancouver, qui a démarré dans le garage de Sarah, le premier fournisseur nord-américain de produits promotionnels durables et éthiques.

Non seulement Sarah et Denise ont maintenu leur engagement ferme pris dès le début quant à l’impact sur l’environnement et la communauté (elles possèdent la certification B Corporation [BCorp] depuis des années), mais elles se sont également inspirées de leurs propres difficultés en tant que petite entreprise appartenant à des membres de la communauté queer, qui plus est à des femmes, pour orienter leurs politiques d’entreprise. Elles ont délibérément mis en place une équipe diversifiée et surtout, une culture qui encourage à être soi-même au travail. 

J’ai rencontré Sarah pour qu’elle nous parle de son parcours personnel et entrepreneurial, notamment de son engagement permanent en faveur de l’approvisionnement éthique et des pratiques commerciales durables, de l’importance qu’elle accorde aux objectifs ainsi qu’à la diversité et à l’inclusion, et de sa capacité à survivre et à prospérer en période d’incertitude. Sarah est une force à ne pas négliger. Elle s’est engagée, avant tout, à se servir du monde des affaires pour faire le bien. 

Laura : Lorsque vous et Denise avez lancé Fairware en 2005, l’accent mis sur la durabilité et la volonté d’améliorer le monde par le biais des affaires était une idée relativement nouvelle. Comment vous est-elle venue?

Sarah : Fairware a vu le jour parce que mon amie Denise, qui est désormais ma partenaire commerciale et qui travaillait à l’époque comme Directrice, développement durable et relations communautaires à MEC dans le domaine de la durabilité et de l’approvisionnement éthique, avait constaté que de nombreuses marques de qualité offraient des cadeaux publicitaires fabriqués dans des conditions suspectes. À cette époque, le sujet de la responsabilité sociale des entreprises commençait à être abordé dans la presse et un peu partout dans le monde, et il y avait un décalage avec ces grandes marques qui distribuaient des produits inconvenants. C’est de cette constatation qu’est née l’idée de Fairware. 

« Notre objectif a toujours été d’aligner nos valeurs d’entreprise sur nos valeurs personnelles. »

Laura : Comment l’idée a-t-elle été reçue à l’époque? Comment vous êtes-vous aperçues que les choses évoluaient? Je suppose que les entreprises sont aujourd’hui plus ouvertes à parler des pratiques durables. 

Sarah : Si le développement durable est aujourd’hui bien plus ancré dans les esprits, ce n’était certainement pas le cas à l’époque. Dès le départ, lorsque nous prenions le téléphone pour appeler un fournisseur potentiel, nous lui disions « nous aimerions discuter de l’origine de vos produits », et souvent, on nous raccrochait au nez. 

Au fil des ans, cette conversation a considérablement évolué. Nous avons commencé avec la conformité et la sécurité des produits, puis nous nous sommes intéressées aux droits des travailleurs et à l’impact environnemental. Depuis quelques années, nous discutons avec d’autres distributeurs de l’antiracisme et de la justice sociale. Nous discutons avec les fournisseurs d’emballages durables d’une représentation diversifiée dans les catalogues. Ce que nous vivons aujourd’hui est en net contraste avec la situation qui prévalait au début de notre parcours entrepreneurial. 

Aujourd’hui, nous allons également au-delà de notre chaîne d’approvisionnement traditionnelle pour travailler avec des entreprises qui ont un impact – des entreprises à vocation sociale, souvent locales, appartenant à des entités issues de la diversité – qui n’auraient pas autrement la capacité de répondre à de grosses commandes d’entreprise. Nous consultons ces entreprises pour les aider à fixer leurs prix et à renforcer leurs capacités afin qu’elles soient en mesure de créer des produits à notre intention. Ainsi, notre succès nous permet non seulement d’aider les autres à se développer, mais aussi de contribuer à construire un écosystème qui soutient nos convictions en matière de durabilité et d’équité.   

Franchement, si nous avons créé notre entreprise, ce n’est pas parce que nous aimons les babioles, mais parce que nous voulions faire bouger les choses. Notre objectif a toujours été d’aligner nos valeurs d’entreprise sur nos valeurs personnelles. 

Laura : Et je sais que cela s’applique non seulement à la façon dont vous faites affaire avec vos clients et vos fournisseurs, mais aussi à la manière dont vous avez façonné la culture d’entreprise de Fairware. Pouvez-vous nous dire en quoi vos valeurs personnelles et même vos expériences personnelles ont joué un rôle à cet égard?

Sarah : Je plaisante parfois en disant que j’ai créé une entreprise simplement pour pouvoir m’habiller comme je l’entendais et être en accord avec moi-même, mais franchement, je pense que c’est en grande partie la vérité. Donner le ton de l’acceptation et de l’inclusion confère un certain pouvoir, et en me montrant telle que je suis, j’espère encourager les autres à en faire de même. Pour vous donner une idée de la culture que nous avons créée, une année à Halloween, un de nos employés s’est habillé en tenue de travail, juste pour nous embêter. 

Mais être moi-même n’a pas toujours été facile. Étant de genre non conforme, j’ai souvent été mégenrée et confrontée à l’homophobie et à la misogynie, sous forme de micro-agressions. Alors que de nombreux membres de la communauté des entreprises progressistes se considèrent très au fait des questions d’antiracisme, de LGBTQ+, etc., nous nous sommes rendu compte cette année que la plupart d’entre nous ne l’étaient pas. Nous avons tous encore beaucoup à apprendre et à faire.  

Laura : Nous savons que de nombreux propriétaires d’entreprises LGBTQ+ cachent cet aspect de leur identité pour éviter les répercussions. À votre avis, qu’est-ce qui vous a donné le courage de faire preuve de tant d’ouverture et de transparence pour vous montrer comme vous êtes?

Sarah : Le parcours a été long. Je suis avec ma partenaire depuis 36 ans et j’ai deux enfants adultes. Avoir des enfants en tant que couple homosexuel était pour le moins avant-gardiste dans les années 1990. Je ne suis pas certaine d’avoir beaucoup changé depuis, mais j’hésite maintenant moins à être moi-même, je suis plus consciente des problèmes qu’éprouvent les personnes LGBTQ+ et j’en parle ouvertement. 

Toutefois, pour le bien de mes enfants, même à l’époque, je n’ai jamais cherché à dissimuler qui j’étais vraiment, même si c’était difficile pour eux d’avoir une maman qui ne ressemblait pas aux autres mamans. Si j’avais dû changer à l’époque, mes enfants en auraient conclu qu’il n’est pas acceptable d’être soi-même et que l’on doit se conformer pour ne gêner personne. De plus, certains d’entre nous n’ont pas d’autre choix que de s’accepter. Certaines personnes peuvent passer pour cisgenres, d’autres non. Je veux que les autres se reconnaissent en moi et sachent qu’eux aussi ont leur place dans le monde de l’entreprise. 

« Pour nous, la culture consiste à laisser les gens mettre leur propre diversité à contribution. »

Laura : Pouvez-vous indiquer aux propriétaires d’entreprise qui espèrent créer la même culture inclusive que la vôtre – y compris ceux qui n’ont pas vécu les mêmes expériences – quelques tactiques précises que vous avez utilisées pour harmoniser votre équipe avec vos valeurs?

Sarah : Pour nous, la culture consiste à laisser les gens mettre leur propre diversité à contribution. Bien que Denise et moi ayons toujours été des militantes – elle en politique, et moi dans le milieu communautaire – nous faisons de notre mieux pour ne pas engager des personnes comme nous. Nous encourageons tous ceux qui travaillent avec nous à intégrer leurs propres intérêts et passions à l’entreprise. Nous sommes également très transparentes sur notre site Web et dans nos offres d’emploi : si vous postulez pour travailler avec nous, vous rejoindrez un environnement de travail inclusif. Si cela ne vous convient pas, vous ne postulerez pas.

De plus, ce n’est pas parce que la durabilité est un sujet qui nous passionne, à Denise et à moi, qu’elle doit susciter le même degré d’intérêt chez nos employés. Lors d’un entretien d’embauche, nous posons la question suivante : « Sous quelle forme contribuez-vous au développement durable dans votre vie quotidienne? ». Si la réponse est : « Je recycle, mais je veux en savoir plus », cela nous suffit. Avant tout, nous recherchons des personnes ouvertes et intéressées. 

Lorsque nous accueillons de nouveaux employés, nous appliquons une pratique que j’ai apprise durant un atelier sur la réconciliation. Nous demandons au nouveau membre du personnel de donner son nom, son nom traditionnel s’il en a un, et son identité culturelle, ainsi que toute information à son sujet dont il souhaite faire part à l’équipe. Dans une entreprise comptant moins de 20 employés, on parle au moins 11 langues différentes. La diversité est incontestablement ancrée dans notre culture. 

Laura : Vous êtes également une société certifiée B Corporation, ce qui signifie que vous vous êtes engagées à créer un impact positif pour vos employés, ainsi que pour les communautés et l’environnement. Ce n’est pas chose facile, mais vous l’avez fait en 2010, en tant que l’un des membres fondateurs de la Canadian B Corp. Comment s’est déroulée cette expérience et pourquoi était-elle si importante pour vous?

Sarah : Au début, nous étions une petite entreprise dont l’équipe était restreinte. Nous nous sommes demandé si, étant donné que nous observions déjà ces pratiques de toute façon, nous disposions de la capacité ou du temps nécessaire pour nous soumettre au processus rigoureux d’obtention de cette certification. Mais à mesure que nous rencontrions des personnes du milieu des affaires de Vancouver qui avaient les mêmes idées que nous, nous avons commencé à comprendre qu’il ne s’agissait pas seulement de nous, mais de faire partie d’un mouvement qui utilise les entreprises comme une force pour faire le bien. 

L’obtention de la certification B Corp a contribué à structurer nos engagements, à nous responsabiliser et à nous montrer les points que nous devions améliorer. Aujourd’hui encore, cette certification nous pousse à aller plus loin, à réfléchir à des choses auxquelles nous n’aurions pas pensé autrement et à nous dépasser pour atteindre nos objectifs. Cela va de la gestion de la chaîne d’approvisionnement aux pratiques durables, en passant par la culture interne, les salaires, les engagements sociaux, et bien plus encore. 

Nous avons eu beaucoup de chance d’avoir BDC comme partenaire de financement, car non seulement vous nous avez fourni d’excellents conseils et services au fil des ans, ainsi que de l’aide pour renforcer nos capacités, mais vous avez vous-même obtenu la certification B Corp, ce qui signifie que nous avons encore plus de valeurs en commun. 

« L’obtention de la certification B Corp a contribué à structurer nos engagements, à nous responsabiliser et à nous montrer les points que nous devions améliorer. »

Laura : Je suis certaine que votre engagement à construire une entreprise basée sur des valeurs et une culture inclusive a joué un rôle primordial dans le succès de Fairware, mais qu’en est-il pendant les périodes difficiles? Comment avez-vous, vous et votre entreprise, vécu les 18 derniers mois d’incertitude engendrée par la pandémie? 

Sarah : En tant que jeune entreprise, nous avons survécu à la récession de 2008-2009, ce qui nous a donné un bonne idée du comportement à adopter pendant la pandémie de COVID-19. Lorsque la pandémie a frappé, nous venions de terminer une année durant laquelle nous avions engagé des dépenses importantes, ainsi qu’une rénovation majeure de nos bureaux. D’ailleurs, notre équipe de Vancouver avait été configurée pour travailler à distance en raison de cette rénovation, puis personne n’est revenu au bureau à cause de la COVID-19. 

Nous avons alors compris que nous avions très peu de marge de manœuvre; Nous savions que nous devions procéder à des mises à pied et que si nous tergiversions, nous pourrions perdre l’entreprise. Ce furent les moments les plus durs et les plus pénibles de notre vie. Nous avons dû licencier la moitié de notre effectif. Vous parlez d’un impact sur la culture. Heureusement, nous sommes restées proches de tout le monde et avons aidé ces gens à accéder à des ressources et à du soutien. Petit à petit, nous avons pu les réembaucher grâce aux subventions du gouvernement. 

Pendant la pandémie, comme vous le savez, de grandes questions sociales ont également surgi, notamment le mouvement Black Lives Matter et, plus récemment, la découverte de tombes non marquées d’enfants autochtones assassinés. Malgré tous ces événements, nous avons continué à parler, à travailler et à apprendre. Notre objectif et nos valeurs sont demeurés les mêmes. Nous nous réunissons quotidiennement en ligne et, petit à petit, les gens commencent à revenir au bureau.

Malgré les défis auxquels sont confrontés le monde des affaires et notre secteur, la COVID-19 a fourni à certaines entreprises une bonne occasion d’utiliser les budgets normalement alloués aux événements ou aux conférences pour montrer de la bienveillance à leurs employés en leur remettant des colis et des paniers, et nous avons pu les aider dans cette démarche. Nous sommes demeurés engagés à n’offrir que des produits et des cadeaux pratiques qui ne finiraient pas à la décharge, et nous avons mis au point un programme qui permet à une personne qui ne souhaite pas recevoir de cadeau de choisir de faire un don en son nom. 

Dans l’ensemble, nous en sommes sorties plus fortes et plus dévoués que jamais à notre mission. Et nous nous réjouissons de voir notre bureau nouvellement rénové, qui était trop calme, rempli de gens à nouveau.

les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2021 sont annoncés

Nous sommes fiers d’annoncer les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2021. Un nouveau record a été battu cette année, avec plus de 10 000 candidatures de femmes des quatre coins du pays nommées par leurs collègues et leurs pairs. Après examen approfondi, 21 finalistes ont été sélectionnées dans l’ensemble des sept catégories de prix traditionnelles. Cinq autres candidates ont été choisies pour recevoir le prix Entrepreneure prometteuse, qui vise à récompenser des entrepreneures qui ont lancé des entreprises ayant connu un succès étonnant en moins de trois ans.

Les femmes qui forment ce groupe exceptionnel, diversifié et résilient ont été choisies pour leurs réalisations dans un large éventail de secteurs, dont les médias, la gestion du capital de risque, les vêtements, la construction, les services médicaux et la cybersécurité.

Compte tenu de l’incroyable essor du programme, la catégorie Évolution sociale a été élargie cette année. Ce prix comprend maintenant deux catégories : 1) le Prix de l’évolution sociale : Influence régionale, qui est remis à la gestionnaire d’un organisme de bienfaisance enregistré, d’une entreprise sociale ou d’un organisme sans but lucratif se consacrant à un aspect précis du changement social, à un niveau local ou régional ; 2) le Prix de l’évolution sociale : Influence nationale, qui est remis aux gestionnaires dont l’organisation a une portée nationale ou internationale.

Les Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC rendent hommage à des femmes propriétaires
d’entreprise partout au Canada qui retiennent l’attention en raison de leur importante contribution à la vitalité des économies locale, canadienne ou mondiale. Les candidates sont des visionnaires du secteur des affaires, et font preuve d’une détermination à toute épreuve afin de concrétiser leurs rêves. Les prix sont accordés à des femmes d’affaires et à des dirigeantes d’organisme sans but lucratif des trois grandes régions du Canada : l’Est, le Centre et l’Ouest.

« Nous sommes honorés de célébrer les parcours et réalisations extraordinaires de nos finalistes de 2021, a déclaré Greg Grice, vice-président directeur, Services financiers à l’entreprise, RBC. Nous nous réjouissons de voir l’influence grandissante des femmes entrepreneures au Canada, qui sont des pionnières, des mentors, des créatrices d’occasions pour d’autres femmes, et qui contribuent d’importante façon à notre économie et à nos collectivités par leur leadership. Il importe de soutenir leur avancement et de célébrer leurs réalisations pour créer un milieu des affaires plus inclusif et inspirer la nouvelle génération d’entrepreneurs dans une économie post-pandémie. »

Le nom des lauréates sera annoncé à l’occasion du 29e gala annuel de remise des prix, le mercredi
17 novembre. Il s’agira encore une fois d’un gala virtuel. Le gala, qui sera diffusé en simultané dans le monde entier, soulignera l’excellence des entrepreneures canadiennes. La conférencière invitée sera Nadine RenaudTinker, présidente régionale, Québec, RBC.

Pour plus d’information, visitez le communiqué de presse. 

Voici les lauréates du prix Entrepreneure prometteuse 2021:

Voici les finalistes des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC 2021:

Prix Micro-entreprise Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat
Prix Nouvelle entreprise
Prix du dynamisme RBC
Prix de l’évolution sociale : Influence nationale
Prix de l’évolution sociale : Influence régionale
Prix de l’innovation
Prix de l’excellence

Comment la communication narrative peut aider les entrepreneur.es à se sentir eux-mêmes au travail, y compris ceux dont le genre est marginalisé.

Bradley Sensabaugh

Au travail, vous montrez-vous tel.le que vous êtes, autrement dit, êtes-vous vous-même? 

Nombreux sont ceux et celles qui parmi nous peuvent répondre « oui », sans réaliser à quel point c’est un privilège. Pour la communauté LGBTQ2S+, et les personnes transgenres et non binaires en particulier, ce n’est pas aussi simple. Il existe encore des pratiques, des croyances et des barrières systémiques qui font qu’il est difficile, voire dangereux, d’être soi-même sur le lieu de travail.  

De plus, vous pouvez éprouver ces difficultés quel que soit votre statut, employé.e ou entrepreneur. Selon un sondage mené par la CGLCC (Chambre de commerce LGBT+ du Canada) et l’Institut Deloitte, sur les quelque 28 000 entreprises appartenant à des personnes LGBTQ+ au Canada – combinant un chiffre d’affaires de plus de 22 $ milliards et un effectif plus de 435 000 Canadiens – une sur deux a délibérément caché le fait que ses propriétaires étaient des personnes LGBTQ+, et trois sur dix ont été victimes de discrimination. 

Afin d’approfondir ces questions et de découvrir des solutions potentielles, j’ai rencontré Brad Sensabaugh, conseiller principal, Diversité et inclusion, à BDC. Brad s’est joint à BDC il y a quelques mois à peine, mais en peu de temps, il a eu un impact déterminant sur notre stratégie de diversité et d’inclusion. Homme transgenre engagé à faire connaître les défis auxquels sa communauté est confrontée, il a passé près de dix ans en tant que spécialiste de la diversité et de l’intégration à rendre le milieu de travail plus inclusif pour tous les groupes marginalisés.  

Brad a expliqué pourquoi il est plus difficile d’être soi-même pour certaines personnes, en quoi la communication narrative peut contribuer à changer ce paradigme et comment nous pouvons tous être de meilleurs alliés à l’avenir. 

 

Laura : Je suis persuadée que pour certaines personnes, il est difficile de se faire à l’idée de ne pas pouvoir être soi-même au travail. Commençons si vous le voulez bien par explorer les raisons pour lesquelles certaines personnes, comme les membres de la communauté transgenre, ne peuvent tout simplement pas être elles-mêmes sur le lieu de travail?  

Brad : Je pense que pour les personnes trans, non binaires et de divers autres genres, le concept de dévoilement est incommensurable. Imaginez donc les défis que cela pose sur le lieu de travail. De bien des façons, nous pouvons être dévoilés sans le vouloir. 

Par exemple, il se peut que notre carte d’identité ne corresponde pas à notre expression de genre, comme c’est le cas pour un homme transgenre dont la carte d’identité indique qu’il est de sexe féminin. L’acte extrêmement banal et simple de s’identifier légalement peut être un processus intimidant, avec parfois des conséquences telles que l’échec d’une affaire ou une occasion manquée, et quelquefois aussi une sécurité compromise. 

Cela peut aussi se manifester très simplement, sous forme d’exclusion. Lorsqu’elles entendent parler de parité des sexes, c’est-à-dire d’une représentation de 50 % de femmes et de 50 % d’hommes, les personnes non binaires ont en quelque sorte le sentiment de ne pas exister.

 

« Imaginez que vous essayiez de fournir le nom d’une personne citée en référence et que vous deviez expliquer pourquoi cette personne ne vous reconnaîtrait pas sous votre nom ou votre genre actuel. »

 

Laura : Qu’en est-il pour les entrepreneur.es? Selon une étude canadienne, environ 50 % des propriétaires d’entreprises LGBTQ+ choisissent de ne pas divulguer cette partie de leur identité.    

Brad : Pour commencer, c’est souvent une question de sécurité. Bien que de multiples droits et protections soient en vigueur ici, au Canada, nombreuses sont les personnes qui craignent encore la transphobie et l’homophobie et choisissent donc de ne pas être complètement franches ou transparentes – de peur que cela ait un impact sur le succès de leur entreprise, ou pire. D’autres entrepreneurs et entrepreneures doivent faire attention lorsqu’ils font affaire dans des pays ou des territoires – même dans certaines parties des États-Unis – dépourvus de ces droits et protections. Cette réalité peut être encore plus préoccupante. 

Les personnes appartenant à la communauté transgenre ont parfois des trous dans leurs antécédents en matière d’emploi, de crédit ou de logement. Imaginez que vous essayiez de fournir le nom d’une personne citée en référence et que vous deviez expliquer pourquoi cette personne ne vous reconnaîtrait pas sous votre nom ou votre genre actuel. Cette difficulté peut également se présenter lorsqu’il faut fournir des relevés de notes ou des diplômes. Tout cela peut susciter le sentiment de ne pas agir avec franchise et une attention plus insistante à l’endroit d’une personne transgenre. 

Il ne s’agit là que de quelques exemples. Chaque membre de la communauté a son propre vécu qui définit la mesure dans laquelle il ou elle se sentira à l’aise pour partager son histoire. 

Laura : Je sais que vous vous sentez à l’aise pour partager votre propre histoire, et j’aimerais en savoir plus. Comment avez-vous commencé votre carrière dans le domaine de la diversité et de l’inclusion?  

Brad : La défense des intérêts des autres et un sens aigu de la justice ont toujours fait partie de ma vie – ce sont des valeurs qui m’ont été inculquées par mes parents dès mon plus jeune âge. Ensuite, tout au long de mon propre parcours en tant qu’homme trans déclaré, j’ai vécu directement certains des défis, obstacles et problèmes auxquels les personnes trans peuvent être confrontées dans les environnements de travail. Mais cela ne m’a pas empêché de regarder ma vie en face; ce n’était pas quelque chose que j’allais essayer de cacher. J’ai saisi les occasions d’entamer le dialogue sur ce que signifie être un homme transgenre. 

J’ai longtemps soutenu la communauté transgenre de façon parallèle. Puis, il y a environ dix ans, j’ai commencé à évoluer professionnellement dans le domaine de la diversité et de l’inclusion, et j’ai beaucoup appris sur d’autres communautés également. J’ai décidé de devenir un expert en matière de diversité et d’inclusion, en mettant l’accent sur l’inclusion. Car si la diversité est une question de mesure, l’inclusion est une question d’impact – et c’est là, je pense, que nous pouvons vraiment faire évoluer les choses dans les organisations. Ces convictions et ces valeurs s’accordent parfaitement avec le fait de travailler pour une entreprise qui a une optique sociale comme BDC, et je me suis senti extrêmement bien accueilli depuis mon arrivée, il y a quelques mois.  

Laura : Je suis heureuse de l’entendre. En quoi, à votre avis, votre propre expérience a-t-elle façonné votre façon d’aider les autres communautés marginalisées? 

Brad : Ce que j’ai appris durant ma transition touche aux concepts de privilèges et de stéréotypes. De nombreuses personnes trans sont visiblement trans, un terme qui, je considère, ne s’applique plus à moi. Je veux dire par là que si nous nous rencontrions par hasard, vous ne me percevriez probablement pas comme un trans, mais comme un homme cisgenre. C’est un privilège dont je jouis, contrairement à d’autres membres de ma communauté et à de nombreuses autres minorités visibles. Je ne suis pas dévisagé ou menacé à cause de mon apparence et je ne subis pas de moqueries. 

Cela n’a pas toujours été le cas, à l’instar de nombreuses personnes transgenres. C’est pour cette raison que je me sens obligé d’affirmer qui je suis et de rappeler à tout le monde qu’il ne suffit pas de regarder une personne pour savoir si elle est transgenre. En partageant mon histoire personnelle, je contribue modestement à corriger ce qui se dit sur ce sujet ainsi que tant d’autres idées fausses. 

 

« La communication narrative est indissociable de l’éducation; elle nous aide à élargir nos horizons et à ouvrir les esprits. »

 

Laura : Comme vous le savez, nous avons ajouté une composante de communication narrative à notre stratégie de diversité et d’inclusion à BDC, en présentant des témoignages d’employés et de clients pendant le Mois de l’histoire des Noirs, le Mois de l’histoire des femmes, le Mois de l’histoire des Autochtones, etc. Comment voyez-vous le rôle de la communication narrative dans l’inclusion? 

Brad : La communication narrative est indissociable de l’éducation; elle nous aide à élargir nos horizons et à ouvrir les esprits. L’évolution et la compréhension qui en résultent peuvent être très puissantes. Plus nous écouterons et nous nous sentirons à l’aise pour poser des questions, et plus nous admettrons honnêtement nos lacunes et demanderons davantage de renseignements, mieux nous serons tous informés.  

Chaque entrepreneur.e a une histoire qui contribue d’une manière ou d’une autre à son entreprise, et c’est également le cas pour chaque membre du personnel. Personne ne fait son parcours tout seul. Lorsque j’ai commencé ma transition, j’ai réalisé que mon histoire n’était pas uniquement la mienne. Mes parents ont eu leur propre parcours en devenant les parents d’un fils trans, et mon frère, qui avait autrefois une sœur, avait dorénavant un frère. Ainsi, je vivais ma propre expérience, ma propre histoire et ma propre vérité, et ils vivaient les leurs. Vous ne pouvez pas vous attendre à connaître absolument tout de l’expérience de quelqu’un d’autre. 

L’acceptation et la compréhension progressent lorsque nous accordons aux autres le bénéfice du doute, que nous leur permettons de vivre leur propre parcours et que nous cherchons à trouver des moyens d’être de meilleurs collègues, amis et alliés en cours de route. 

Laura : Y a-t-il des ressources que vous pouvez recommander aux personnes qui ne sont pas non binaires ou transgenres afin de les aider à mieux comprendre et à devenir de meilleurs alliés?

Brad : Il existe des organisations exceptionnelles qui offrent non seulement un soutien aux personnes non binaires et transgenres, mais qui proposent également des ressources – FAQ, témoignages, conseils précis, etc. – pour aider toutes les personnes, ainsi que les organisations, à améliorer leurs connaissances et leur compréhension.

Je commencerais par citer The 519, un centre communautaire situé à Toronto qui dispose de nombreuses ressources pour les entreprises. Fierté au travail Canada est un excellent outil pour les entrepreneurs, et Pflag Canada aidera les particuliers et les familles. Enfin, il existe une excellente ressource au Québec : Jeunes identités créatives

 

« Être un véritable allié ou une véritable alliée exige des actions, et pas seulement de l’empathie ou de la sympathie. Quelquefois, cela peut vous mettre mal à l’aise, mais il vaut mieux agir et en tirer des leçons que de ne pas agir du tout. »

 

Laura : Ces connaissances et cette compréhension sont si importantes. Et si on passait à l’action? Avez-vous des conseils sur la façon dont un allié ou une alliée peut offrir son soutien? 

Brad : J’aime l’idée de se demander cinq fois « Pourquoi? » avant de commencer à poser des questions concernant la communauté. Ce que je veux dire, c’est que vous exprimez votre souhait de devenir un allié ou une alliée pour cette communauté : Pourquoi? La réponse à cette question pourra vous donner des pistes d’action. Ensuite, posez la question « Pourquoi? » encore et encore et vous déterminerez plus précisément ce que vous pouvez faire ou ce sur quoi vous souhaitez vous concentrer. Souvent, le fait de demander aux autres « Que puis-je faire? » sans y réfléchir soi-même peut sembler être de la paresse. Commencez plutôt par lancer une idée : « Voici ce que j’aimerais faire », puis posez la question : « Qu’en pensez-vous? »

Être un véritable allié ou une véritable alliée exige des actions, et pas seulement de l’empathie ou de la sympathie. Quelquefois, cela peut vous mettre mal à l’aise, mais il vaut mieux agir et en tirer des leçons que de ne pas agir du tout. Il suffit souvent d’une seule personne pour briser la glace, défendre quelqu’un, ou agir – et cela suffit pour que tout le monde en parle. Nous voulons parvenir à parler ouvertement, afin de provoquer le changement. 

Laura : Quel est le changement que vous aimeriez voir se produire concernant le genre? 

Brad : Je voudrais que nous commencions à réfléchir à la parité des genres en comprenant que les femmes et les hommes n’ont pas toujours l’apparence, la voix ou le comportement « dont on a l’habitude ». L’appellation des femmes transgenres est souvent erronée, au téléphone et en personne. Mais pour être honnête, il en va de même pour les femmes cisgenres. Je pense qu’en tant que société, nous avons beaucoup d’attentes quant à l’apparence, à la voix et au comportement d’une femme, et chaque variation provoque un déclic.

J’aimerais que nous réfléchissions davantage à la diversité parmi les femmes, les hommes et les personnes non binaires. Le genre n’est pas la seule chose qui nous définit, ou qui fait de nous ce que nous sommes. Mais quelles que soient les expériences et les identités qui s’entrecroisent et nous façonnent, nous méritons tous de vivre et de travailler en étant vraiment nous-mêmes. 

Rencontrez Siobhan McManus, femme entrepreneure et championne de la diversité de la clientèle à BDC

Siobhan McManus

Il y a cinq ans, Siobhan McManus s’est jointe à la Banque de développement du Canada (également connue sous le nom de BDC), la seule banque qui se consacre exclusivement aux entrepreneurs, après avoir travaillé dans une grande banque commerciale à charte et consacré du temps à la philanthropie dans le secteur de la santé. Elle met à profit son expertise pour accompagner les entrepreneurs dans toutes les étapes du cycle économique. Siobhan McManus a travaillé en tant que partenaire dans de nombreux secteurs et avec des entreprises de toutes tailles, pour les aider à accéder au financement et aux conseils dont elles ont besoin pour réussir. Elle est fière du soutien qu’elle procure aux entrepreneurs grâce au leadership qu’elle démontre à titre de championne de la diversité de la clientèle et de championne de B Corp (entreprises bénéfiques). Tout en appuyant la stratégie nationale de BDC en matière de diversité et d’inclusion des clients, Siobhan McManus travaille en étroite collaboration avec les femmes chefs d’entreprise afin de leur fournir les ressources et les outils dont elles ont besoin pour prospérer, et comprend les défis uniques auxquels elles sont confrontées ainsi que leurs forces étonnantes.

 

Mon tout premier emploi…. J’ai créé et géré une petite entreprise de nettoyage de bureaux commerciaux alors que j’étais encore adolescente. 

Ce que j’apprécie le plus dans mon rôle à BDC Être témoin de la réussite de nos clients et y contribuer. Nous avons pour mandat de générer un impact, et nous disposons de ressources étonnantes pour aider nos clients à réaliser pleinement leur potentiel.

Les réalisations dont je suis la plus fière Un parcours professionnel ayant un impact positif, la collecte de millions de dollars en tant que bénévole et professionnelle, la traversée du Canada à vélo en 2010, et la participation en tant qu’athlète semi-élite au Marathon de Tokyo 2018.

Je surprends les gens quand je leur dis « Je n’aime pas le bacon ». 

Le meilleur conseil que j’ai reçu d’un mentor Courez votre course; cela s’applique à tous les domaines de la vie!

Le meilleur conseil que je puisse donner aux femmes entrepreneures N’ignorez rien de votre situation financière et demandez de l’aide. Tout le monde souhaite appuyer votre réussite!

La meilleure leçon que j’ai apprise des femmes entrepreneures Trouver le juste équilibre entre les risques et les récompenses. 

Mon plus grand regret Ne pas avoir changé de carrière plus tôt.

Je l’ai surmonté En me montrant plus courageuse, en prenant plus de risques, et en ne manquant aucune occasion de progresser et d’aider les autres!

Le seul conseil que je donne et que j’ai du mal à suivre moi-même Prenez le temps de profiter du moment présent.

Si j’avais une heure de plus dans la journée Je lirais davantage.

Si vous me googliez, vous ne sauriez jamais À quel point j’aime voyager! Découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles cultures est un privilège que j’ai la chance d’avoir.

Mon conseil aux entrepreneurs potentiels Demandez de l’aide. On ne peut pas tout savoir et il n’est pas nécessaire de réinventer la roue; vous serez surpris de constater que vos défis ne sont pas uniques et qu’il existe de nombreuses solutions judicieuses!

Je suis toujours encouragée par L’étonnante résilience des entrepreneures dont je suis témoin.

Le futur m’enthousiasme parce que Les consommateurs expriment de plus en plus leur choix en fonction de leurs intérêts financiers et veulent soutenir des entreprises diversifiées, innovantes et éthiques. Je suis ravie de voir ce nouvel intérêt pour la diversité, l’inclusion et le commerce éthique!

Ma prochaine étape Continuer à soutenir les entrepreneurs dans le cadre du mandat de BDC en matière de diversité et d’inclusion, afin que l’économie canadienne reflète vraiment le tissu diversifié et riche de notre pays.

 

Rencontrez la femme à la tête du premier fonds de capital de risque dirigé par des Noirs et soutenu par du capital institutionnel au Canada.

Lise Birikundavyi

En tant que vice-présidente, Clients – Diversité à BDC, Laura Didyk dirige les efforts de la banque visant à comprendre et à relever les défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs sous-représentés et mal desservis, qu’ils soient racialisés, qu’ils s’identifient comme femmes, qu’ils s’identifient comme membres de la communauté LGBTQIA2S+, qu’ils vivent avec un handicap ou qu’ils aient une combinaison de ces identités. Elle présente leurs parcours dans le cadre d’entrevues, et ce mois-ci, elle reçoit Lise Birikundavyi, directrice et gestionnaire de fonds de Black Innovation Capital.

 

Au Canada, moins d’un fonds de capital de risque sur dix est géré par une femme. En ce qui concerne les fonds soutenus par du capital institutionnel, on trouve une seule femme noire aux commandes : il s’agit de Lise Birikundavyi. Elle est directrice et gestionnaire de fonds de Black Innovation Capital, un fonds de capital de risque de 10 millions de dollars, soutenu par BDC Capital et lancé en juin 2021, qui investit dans des entreprises technologiques en démarrage dirigées par des Noirs. 

Avant de prendre la barre de Black Innovation Capital, Lise a travaillé dans le domaine de la finance internationale pour plusieurs institutions. Elle a grandi à Montréal, mais son parcours l’a menée en Argentine, en Chine, au Ghana, en Côte d’Ivoire et à Toronto (ce qui fait en sorte qu’elle puisse s’exprimer en français, en anglais, en espagnol et un peu en mandarin). Au fil de ses études et de sa carrière, elle a orienté son travail vers l’entrepreneuriat social et l’investissement d’impact. 

Lise croit fermement à la possibilité de mettre à profit les forces des marchés de capitaux pour générer une richesse plus inclusive et réduire la pauvreté de façon durable. J’ai rencontré Lise pour en savoir plus sur son impressionnant parcours, qui a abouti au récent lancement de Black Innovation Capital. 

Laura : Vous avez consacré une grande partie de votre carrière à la finance à but social. Quel a été le point de départ de ce cheminement? 

Lise : Tout a commencé lorsque je suis retournée au Burundi pour la première fois, à 18 ans. J’ai grandi à Montréal, mais je suis née là-bas. C’est un pays qui a connu son lot de problèmes, notamment la pauvreté, la guerre civile et les difficultés d’accès à l’éducation. Je ne savais pas à quoi m’attendre en arrivant, mais j’ai été émerveillée par la beauté du pays et l’intelligence de ses habitants. 

J’ai été également frappée par le fait que pour la plupart des gens la réussite passe par le travail dans une organisation internationale. Il y avait très peu d’entreprises locales alors que les opportunités semblaient multiples. Lorsque que je réfléchissais avec amis et cousins sur des compagnies qui pourraient voir le jour et régler certains problèmes, on me répondait souvent « c’est une bonne idée, tu devrais créer cela » ou « Oui, pourquoi tu ne viendrais pas commencer cette initiative? ». Et je me disais toujours : « Mais, je ne vis pas ici, pourquoi ne le faites-vous pas? ». Je me suis rendu compte de fil en aiguille que l’aide humanitaire avait son rôle à jouer, de façon bien involontaire, dans la diminution de l’esprit entrepreneurial.  

“J’ai réalisé qu’il s’agissait là d’une véritable autonomisation, qui soutenait la création de modèles dans différentes sociétés en donnant aux populations vulnérables les moyens de bâtir leurs propres solutions.”

Quelques années plus tard, pendant mon séjour en Argentine, j’ai découvert la notion d’entrepreneuriat social. J’ai lu Comment changer le monde : Les entrepreneurs sociaux et le pouvoir des idées nouvelles de David Bornstein et j’ai commencé à me renseigner sur l’entrepreneuriat et sur la microfinance. Cette idée de pouvoir faire le bien tout en renforçant les capacités et en gagnant de l’argent m’a plu. J’ai réalisé qu’il s’agissait là d’une véritable autonomisation, qui soutenait la création de modèles dans différentes sociétés en donnant aux populations vulnérables les moyens de bâtir leurs propres solutions. Cela aurait ensuite un effet d’entraînement au sein de leurs communautés, sans que personne ne se sente redevable puisque le bénéfice financier serait partagé. 

Laura : C’est génial. Je sais que vous avez commencé votre carrière dans les fonds spéculatifs. Comment vous êtes-vous ensuite orientée vers l’investissement d’impact? 

Lise : J’ai adoré travailler dans le monde des fonds de couverture, mais je savais que je pouvais faire quelque chose de plus, sans pour autant savoir comment accéder au domaine du développement avec cette perspective d’autonomisation. Une amie m’a parlé de l’investissement d’impact, puis j’ai commencé à me joindre à un groupe de femmes du secteur bancaire à Montréal qui organisait régulièrement des événements pour en parler et réfléchir à la façon dont nous pourrions développer ce concept au Canada. 

J’ai décidé de m’engager dans la voie de l’investissement d’impact en m’intéressant aux marchés émergents. J’ai fait mon MBA à Shanghai avec trois objectifs en tête : apprendre le mandarin, créer un réseau solide et mieux comprendre la relation entre la Chine et l’Afrique. Tout ce que j’ai fait là-bas tournait autour de l’investissement d’impact, et j’en ai profité pour élaborer soigneusement mes prochaines actions. 

Au début, je me suis concentrée sur les marchés émergents dans une perspective de développement. L’objectif était de faire en sorte que d’énormes problèmes puissent être résolus en donnant aux gens les moyens de le faire, tout en générant des revenus aux fonds pour lesquels je travaillais à l’époque. 

Laura : Qu’avez-vous fait après votre passage à Shanghai? 

Lise : Je suis revenue en Amérique du Nord. Puis, lorsque je suis tombée enceinte de mon premier fils, j’ai décidé d’aller vivre au Ghana pour y travailler pendant mon congé de maternité. J’avais toujours voulu vivre sur le continent africain et je supposais, naïvement, que je m’ennuierais en restant à la maison avec un bébé. J’étais prête pour une nouvelle aventure et je voulais poursuivre mon travail de sensibilisation. Au Ghana, j’ai appuyé Ingénieurs sans frontières, Canada. Nous avons trouvé une communauté là-bas et ce fut une belle expérience. Nous avons ensuite passé trois ans en Côte d’Ivoire, sur la côte sud de l’Afrique de l’Ouest, où je gérais un fonds de technologies éducatives pour la Jacobs Foundation.

Laura : Et ensuite, vous avez créé Black Innovation Capital. Comment avez-vous eu cette idée?

Lise : Lorsque j’ai décidé de me lancer dans cette aventure avec Isaac Olowolafe pour fonder Black Innovation Capital, cela me semblait similaire au travail que j’avais fait auparavant, bien qu’il s’agisse d’un marché complètement différent. Je travaillais auprès d’une population extrêmement talentueuse qui ne reçoit pas le financement qu’elle devrait, en vue de l’aider à créer de la richesse pouvant être réinvestie au sein de leur communauté. Pour nous, avec le Black Innovation Fund, il ne s’agit pas d’une communauté en opposition à une autre, mais plutôt d’une incitation à une plus grande participation de toutes les communautés au secteur du capital de risque. Il est question de diversité et d’inclusion, et de la contribution de chacun à un meilleur système. 

Le fait que BDC soit devenue notre investisseur principal a eu une contribution importante à la création du fonds. Nous avons apprécié l’expérience et le soutien que nous avons reçus, particulièrement au niveau de l’aide apportée aux nouveaux gestionnaires de fonds. Nous avons officiellement lancé le fonds le 7 juin de cette année et sommes actuellement en train de négocier nos premiers investissements. 

Laura : Quelle est la vision de Black Innovation Capital? Qu’est-ce qui le distingue des autres fonds de capital de risque?

Lise : Nos objectifs sont de contribuer à la création d’entreprises technologiques dirigées par des Noirs, d’offrir un rendement supérieur à nos investisseurs et d’accroître la diversité dans l’écosystème du capital de risque. Globalement, notre thème principal est donc la diversité. 

Toute entreprise dans laquelle nous investissons doit comprendre au moins 25 % d’actionnariat ou de cadres dirigeants noirs et être une entreprise technologique en phase de démarrage. Nous nous attendons à ce que les équipes viennent d’horizons divers, car même au sein des communautés noires, on observe généralement des origines et des perspectives riches et diversifiées. 

“Jusqu’à présent, nous avons constaté une résilience intrinsèque au sein des entreprises que nous examinons. Beaucoup d’entre elles ont eu de la difficulté à trouver des financements et ont dû faire preuve d’une grande créativité pour en arriver là où elles en sont aujourd’hui.”

Jusqu’à présent, nous avons constaté une résilience intrinsèque au sein des entreprises que nous examinons. Beaucoup d’entre elles ont eu de la difficulté à trouver des financements et ont dû faire preuve d’une grande créativité pour en arriver là où elles en sont aujourd’hui. Nous voyons également beaucoup de produits et de services inclusifs, qui résolvent les problèmes sous différents angles et perspectives. Et c’est exactement ce que nous recherchons : des entreprises en démarrage qui font les choses différemment, qui répondent à des besoins qui ne sont pas actuellement satisfaits et qui apportent de sérieuses améliorations à des concepts déjà existants. 

Laura : Alors, le Black Innovation Capital est-il un fonds d’investissement à impact? 

Lise : Pour moi, l’investissement d’impact consiste à faire le bien tout en ayant un retour sur investissement qui soit positif. Bien que Black Innovation Capital ne soit pas à proprement parler un fonds d’impact, il a néanmoins un impact qui me tient à cœur. Je comprends ce que c’est que d’avoir l’impression de devoir travailler plus dur que les autres, de ne pas être évalué selon les mêmes critères et de ne pas avoir le droit à l’erreur. En créant des outils qui aident à la création de richesse ou à l’autonomisation en général, je rêve d’un monde où nous n’aurons pas à avoir de telles conversations avec nos enfants et où la diversité deviendra la norme. Pour moi, c’est ça le véritable impact. 

Laura : Le financement par capital de risque convient-il à tout le monde? Qu’en est-il des autres options pour les entrepreneurs noirs, comme les prêts? 

Lise : C’est formidable de voir émerger davantage de soutien pour les entrepreneurs noirs, comme le Programme de démarrage pour entrepreneur.es noir.es ou le Fonds de prêts pour l’entrepreneuriat des communautés noires. Ces deux programmes offrent un financement et un mentorat, ce qui constitue une combinaison importante pour la croissance d’une entreprise. Le choix entre un programme de ce type, l’octroi de prêts, ou l’investissement en capital de risque dépend vraiment de l’entrepreneur et de son entreprise, car les deux sont assortis de conditions différentes et répondent à des besoins différents. 

Quand notre fonds investit dans une entreprise, nous devenons actionnaires et donc un partenaire d’affaires. Nous nous rendons disponible afin que l’entrepreneur puisse nous appeler  pour obtenir de l’aide lorsqu’elle ne sait pas quelle décision prendre. Nous restons présents sur le long terme car nous sommes des partenaires de croissance et nous assumons le risque avec l’entrepreneur. 

Il est important d’obtenir des conseils pour déterminer quel est le meilleur modèle de financement pour chacun. 

Laura : Nous savons que les entrepreneurs noirs ont de la difficulté à trouver des capitaux et des modèles inspirants. Quels sont, selon vous, les facteurs à l’origine de cette situation et comment envisagez-vous d’y remédier? 

Lise : Les raisons pour lesquelles les entreprises appartenant à des Noirs obtiennent disproportionnellement moins de capitaux sont nombreuses. Il est important de reconnaître que les préjugés inconscients existent dans tous les domaines, y compris dans celui de l’investissement. Les gens ont tendance à faire confiance à des personnes et à des concepts qu’ils connaissent bien, donc ne prennent pas toujours des décisions sur la base de leurs valeurs, de leur expérience ou d’une solide analyse de rentabilité. 

Nous avons également souvent vu des programmes de mentorat qui ne sont pas assortis d’un accès au capital. Or, le succès repose sur la combinaison de ces deux éléments. Nous nous efforçons de résoudre ce problème de mentorat excessif et de sous-investissement. 

“L’objectif est de changer la perspective des jeunes générations et de leur faire voir qu’il leur est possible de faire tout ce à quoi elles aspirent.”

On observe aussi parfois un manque de sensibilisation des entrepreneurs qui ne savent pas où ni comment trouver du soutient. Les communautés d’investissement sont cloisonnées et manquent souvent de diversité. Cela peut entraîner un manque de confiance chez certains entrepreneurs noirs. Même s’ils ont une bonne idée, ils ne croient pas nécessairement qu’elle intéressera d’autres personnes. 

Ainsi, le fait qu’Isaac et moi représentions un homme noir et une femme noire à la tête de cette initiative nous positionne comme un reflet de la population qu’on souhaite servir. L’objectif est de changer la perspective des jeunes générations et de leur faire voir qu’il leur est possible de faire tout ce à quoi elles aspirent. Nous investirons dans des entreprises qui finiront par connaître un franc succès et leurs dirigeants deviendront des modèles de réussite pour leurs communautés.

Laura : Quel conseil donneriez-vous aux femmes noires entrepreneures qui sont confrontées à des obstacles liés leur sexe et à leur race?

Lise : Mon conseil est tout simplement d’oser, de se concentrer sur son objectif et de connaître sa valeur. Beaucoup de femmes noires sont audacieuses, elles n’ont pas peur d’être plus fortes et d’aller là où elles ne devraient pas être. Donc c’est de garder cet esprit car nous n’avons rien à perdre. Je crois que nous devons apprendre à nos filles à s’instruire continuellement, à ne jamais avoir peur d’exprimer une opinion si elle est fondée sur la vérité, même si elle semble impopulaire, et à saisir les possibilités qui se présentent. Ce n’est pas parce que nous avons peu de modèles de réussite qui nous ressemblent dans un certain domaine que nous devons nous imposer des limites. Finalement, ne pas oublier de soutenir les autres tout au long du chemin! 

Laura : Dans cinq ans, qu’envisagez-vous pour le Black Innovation Fund?

Lise : J’aimerais voir beaucoup d’exemples de réussite, pour les entreprises dans lesquelles nous investissons, pour nous-mêmes et, surtout, pour le secteur du capital de risque en général. Nous nous efforçons également de modifier l’optique d’investissement en formant des professionnels noirs dans le domaine de l’investissement qui travailleront dans l’écosystème du capital de risque afin de renforcer la diversité au niveau de la prise de décision. Nous espérons que cette tendance devienne la norme, à la fois dans les entreprises qui recherchent des fonds d’investissement et dans celles qui réalisent ces investissements. Dans cinq ans, j’espère voir des fonds de plus grande taille pour les initiatives dirigées par des personnes issues de communautés diverses dans le domaine du capital-investissement et du capital de risque. J’espère que 15 à 20 ans plus tard, ces fonds n’existeront plus, parce qu’ils ne seront plus nécessaires et que la diversité fera partie du quotidien.

Rencontrez la nouvelle équipe de BDC qui rend le financement plus équitable.

Les entrepreneurs sont parmi les plus forts agents de changement dans nos communautés, et comptent également parmi les plus inspirants. Grâce à leur cran, leur ténacité, leur passion et leurs compétences, ils créent une entreprise à partir d’une vision.

Je suis fière d’avoir passé les 26 dernières années de ma carrière à travailler avec des entrepreneurs à BDC. Depuis plus de 75 ans, BDC reste une institution financière dédiée aux entrepreneurs exploitant des petites et moyennes entreprises. Nous ne nous contentons pas de fournir du financement, des conseils, des outils et des ressources, nous établissons également des relations significatives avec nos clients afin de leur offrir un service à valeur ajoutée. 

Au cours de toutes ces années, j’ai pu moi-même constater que le parcours d’un entrepreneur est jalonné de réussites, d’obstacles et de quelques revirements. J’ai également appris que l’accès au financement, aux conseils commerciaux et à un réseau de soutien peut être particulièrement difficile à trouver pour les entrepreneurs mal desservis. 

« Notre engagement est d’écouter et d’apprendre, en travaillant avec nos équipes internes et nos partenaires externes pour comprendre ces défis uniques en se fondant sur la recherche, des conversations et des données. »

Que signifie le terme « entrepreneur mal desservi »? Ces entrepreneurs sont souvent membres de communautés marginalisées; ils peuvent être racialisés, s’identifier en tant que femmes ou en tant que membres de la communauté LGBTQIA2S+, vivre avec un handicap, ou exister dans une combinaison de ces identités. Souvent, ces entrepreneurs sont confrontés à davantage d’obstacles au départ lorsqu’il s’agit de créer ou de développer une entreprise, et ces défis ont été exacerbés par la pandémie. 

Conscients de ces défis, nous avons travaillé à l’élaboration d’une approche inclusive et efficace de la diversité des clients. Notre engagement est d’écouter et d’apprendre, en travaillant avec nos équipes internes et nos partenaires externes pour comprendre ces défis uniques en se fondant sur la recherche, des conversations et des données. Ensuite, nous développerons des solutions produisant des résultats tangibles et mesurables. 

Toute la banque est engagée dans la mise en œuvre de cette stratégie. Ses cinq directeurs régionaux m’aident à mener la charge, chacun se concentrant sur un segment de clientèle précis. Ces cinq personnes ont des idées, des connaissances et des expériences diverses à transmettre, ainsi qu’une passion pour aider les entrepreneurs à atteindre leur plein potentiel et à prospérer dans tous les aspects de leurs activités. 

Je vous présente Monica, Brooke, Chelsea, David et Nancy qui forment l’équipe d’experts en diversité de la clientèle avec laquelle j’ai le plaisir de travailler pour rendre le financement des entrepreneurs canadiens plus équitable.

« Tous les entrepreneurs méritent l’espace et le temps nécessaires pour partager leurs succès et leurs difficultés, en particulier ceux qui sont mal desservis. »

Monica James

Monica James

Directrice Régionale, Clients- Diversité, Winnipeg, Manitoba

La diversité et l’inclusion font partie intégrante de tout ce que je fais à BDC. Depuis que j’ai rejoint la banque, en 2003, je me suis profondément investie dans le soutien et l’orientation des entrepreneurs autochtones, dans l’atteinte de leurs objectifs et dans la célébration de leurs réalisations. Officiellement, je dirige la stratégie nationale de la Banque qui répond aux besoins des entrepreneurs autochtones, afin qu’ils puissent surmonter les obstacles, se développer et prospérer. Je suis également la responsable autochtone de la stratégie interne de BDC pour honorer l’appel à l’action 92 de la Commission de vérité et de réconciliation. 

En tant que fière femme crie de la Nation des Cris de Peter Ballantyne et ayant été élevée dans le nord du Manitoba, mes efforts s’inspirent de mon expérience personnelle. Je comprends les défis uniques auxquels sont confrontés de nombreux entrepreneurs autochtones des régions rurales et éloignées. Je sais également ce qu’il faut pour que les règles du jeu soient responsables et équitables dans le domaine de l’entrepreneuriat et de la finance, et je suis déterminé à faire en sorte que tous les entrepreneurs aient accès aux outils et aux ressources dont ils ont besoin pour réussir en affaires. 

Tous les entrepreneurs méritent l’espace et le temps nécessaires pour partager leurs succès et leurs difficultés, en particulier ceux qui sont mal desservis. J’ai appris que la meilleure façon d’avoir une influence est de croire en leur capacité à réussir, de les aider à développer leur activité, de les soutenir en achetant leurs produits et services, et de créer de la visibilité en promouvant leurs marques auprès des autres.

« Moi-même chef d’entreprise, je comprends le stress qui peut résulter du lancement et de la croissance d’une entreprise. »

Brooke Gordon

Brooke Gordon

Directrice Régionale, Clients- Diversité, Waterdown, Ontario

Je suis passionnée par le soutien aux femmes propriétaires d’entreprises tout au long de leur parcours professionnel, et j’ai rejoint BDC en 2017 avec cet objectif précis. Je combine également près de deux décennies d’expérience dans le soutien aux organisations en matière de planification stratégique et de réalisation de changements. 

Moi-même chef d’entreprise, je comprends le stress qui peut résulter du lancement et de la croissance d’une entreprise. Après avoir souffert du syndrome du côlon irritable (SCI) pendant des années, j’ai eu envie de devenir coach de santé certifiée et d’animer un balado sur ce que signifie vivre en santé. Mon parcours professionnel personnel a influencé mon travail à BDC, non seulement par l’expérience vécue dont je peux m’inspirer, mais aussi du point de vue du bien-être. Les recherches montrent régulièrement que les femmes, entrepreneurs immigrantes, et de minorités visibles ont plus de problèmes de santé mentale et de bien-être, et 51 % des entrepreneurs souhaitent un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée

Si vous êtes entrepreneur et que vous vous sentez stressé, j’ai deux conseils à vous donner. Premier conseil : bougez! Des formes d’exercice plus douces, comme la marche, peuvent vous aider à rassembler vos idées et à faire le plein d’énergie, en plus de faciliter la digestion. Deuxième conseil, réservez du temps à la fin de chaque semaine pour passer en revue vos revenus et vos dépenses de la semaine, et prévoyez ce qui se passera dans 13 semaines. C’est un moyen tangible de développer votre intuition avec les chiffres (pour tous ceux qui doutent de leur acuité financière, sachez que vous pouvez acquérir une compétence en la mettant en pratique). Si l’on considère que la trésorerie est la source de stress la plus souvent mentionnée par les propriétaires d’entreprise, c’est un excellent moyen de favoriser la tranquillité d’esprit. 

« J’ai été à la fois la personne la plus jeune et la seule personne noire dans de nombreux rôles, et je comprends les difficultés et les défis que représente le fait de se retrouver dans des espaces majoritairement blancs. »

Chelsea Prescod

Chelsea Prescod

Directrice Régionale, Clients- Diversité,
Toronto, Ontario

L’autonomisation et la mobilisation des jeunes, des femmes et des entrepreneurs issus de la diversité est la passion qui m’habite. Je crois en l’entrepreneuriat équitable et j’ai choisi cette voie pour pouvoir aider le plus grand nombre possible d’entrepreneurs, en particulier ceux issus de communautés mal desservies, à créer une richesse générationnelle et à faire tomber les barrières systémiques. J’ai un parcours professionnel et entrepreneurial éclectique, et je possède seize ans de leadership dans l’engagement civique. 

En tant que femme d’origine afro-caribéenne, fille d’un chef d’entreprise et d’un entrepreneur en série, j’ai vu et vécu ce que c’est que de diriger une entreprise en tant que personne de couleur. J’ai été à la fois la personne la plus jeune et la seule personne noire dans de nombreux rôles, et je comprends les difficultés et les défis que représente le fait de se retrouver dans des espaces majoritairement blancs. Je sais ce que l’on ressent quand on ne s’intègre pas et que l’on doit « changer de code » pour s’en sortir. En outre, je comprends que l’accès au financement et aux réseaux constitue un obstacle important pour de nombreux entrepreneurs noirs, ainsi que pour d’autres communautés marginalisées par le système. Dans mon rôle, je veux aider ces propriétaires d’entreprise à naviguer dans l’écosystème complexe de l’entrepreneuriat, en veillant à ce qu’ils soient conscients des ressources à leur disposition, de la manière d’obtenir le financement et des nouvelles possibilités qu’offre le marché pour les aider à développer leur entreprise. Il est temps que tout le monde s’assoie à la table.

Ce qui me motive chaque jour, c’est de construire un avenir meilleur et équitable pour mes jumeaux, Justice et Freedom. Je veux qu’ils vivent dans un monde où ils sont jugés sur le contenu de leur caractère et non sur leurs origines. Je veux que leur avenir soit sans limites. Je suis fière de faire partie d’une organisation qui me permet d’être un agent du changement et d’égaliser les chances pour un si grand nombre de personnes. 

« Grâce à cette représentation, j’ai été plus à même de croire qu’en tant que minorité visible, je peux occuper une position d’influence. En étant visible, j’espère montrer à tous les entrepreneurs issus de la diversité qu’ils sont compris et qu’ils sont soutenus. »

Daniel Kim

David Kim

Directeur Régionale, Clients- Diversité,
North Vancouver, BC

L’esprit d’entreprise, c’est une histoire de famille. J’ai moi-même été entrepreneur, et mon épouse et sa mère, deux femmes influentes dans ma vie, sont toutes deux propriétaires d’entreprises. Bien qu’elles aient bénéficié du soutien généreux de leurs clients respectifs, elles ont malheureusement été confrontées, en tant que femmes d’origine asiatique, à la discrimination en tant que minorité visible. 

Dans le cas de ma belle-mère, il s’agissait de l’histoire typique d’une immigrante, avec les obstacles supplémentaires d’une nouvelle langue, le manque de fonds et de connaissances financières, sans compter l’absence de réseau et une compréhension limitée de l’écosystème commercial. De plus, elle avait une famille à faire vivre. Obligée de compter sur sa jeune fille pour interagir avec les institutions, elle évitait souvent de chercher du soutien, car personne ne la comprenait vraiment. Elle rappelait fréquemment à ses enfants l’importance de travailler dur et de persévérer. Le fait de voir quelqu’un en position d’autorité et de leadership qui lui ressemble l’aurait rassurée et lui aurait donné confiance pour développer son entreprise. 

Pourquoi est-ce que je crois que cela aurait pu aider à soulager l’anxiété et le stress de ma belle-mère, qui luttait pour développer son entreprise? Au début de ma carrière bancaire, j’ai fait l’expérience du pouvoir des modèles visibles. J’ai passé un entretien d’embauche avec quelqu’un qui me ressemblait et, bien que je ne l’aie pas consciemment réalisé au début, cela m’a donné confiance et inspiré. Grâce à cette représentation, j’ai été plus à même de croire qu’en tant que minorité visible, je peux occuper une position d’influence. En étant visible, j’espère montrer à tous les entrepreneurs issus de la diversité qu’ils sont compris et qu’ils sont soutenus.

« L’attention portée aux femmes a toujours fait partie intégrante des postes que j’ai occupés à la Banque, et je suis même allée jusqu’à accompagner des femmes entrepreneurs à plusieurs missions commerciales internationales. »

Nancy Goudreau

Nancy Goudreau

Directrice Régionale, Clients- Diversité,
Montréal, Québec

Lorsque je me suis jointe à BDC, il y a 10 ans, après avoir travaillé pendant plus de 15 ans dans le domaine du développement des marchés et du capital de risque, le mandat de l’organisation m’a interpellée, et j’étais ravie de pouvoir utiliser mon expérience et mon réseau pour accélérer le développement des entrepreneurs canadiens. Au cours des premiers mois, j’ai réalisé que les femmes entrepreneurs n’étaient pas à l’aise avec le financement et que la plupart d’entre elles ne savaient pas à quel point BDC était accessible. J’ai eu la chance de croiser la route de la présidente du Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ), qui mettait sur pied une merveilleuse initiative visant à développer les entreprises appartenant à des femmes en leur offrant la possibilité de travailler avec de grandes organisations.

À partir de ce moment-là, j’ai eu la piqure et j’ai amorcé mon plus brillant parcours vers l’inclusion, en mettant l’accent sur l’accessibilité pour les femmes. Je suis rapidement devenue présidente d’une grande initiative du RFAQ appelée Développement économique féminin (DEF), qui aide plus d’une douzaine de chefs d’entreprise influents, hommes et femmes, à accélérer et à accroître leur influence dans notre communauté d’affaires. Cette initiative m’a permis de nouer des liens incroyables avec les femmes chefs d’entreprise que j’ai rencontrées, et leurs histoires de réussite sont devenues mes points forts quotidiens, m’inspirant la certitude que je faisais une différence.

Depuis, je suis restée très active en participant à l’élaboration de la stratégie de BDC pour les femmes en entrepreneuriat, qui était déjà bien avancée avant même qu’elle ne devienne officiellement une priorité nationale. L’attention portée aux femmes a toujours fait partie intégrante des postes que j’ai occupés à la Banque, et je suis même allée jusqu’à accompagner des femmes entrepreneurs à plusieurs missions commerciales internationales pour m’assurer qu’elles se sentaient soutenues et habilitées à saisir toutes les occasions qui se présentaient à elles. Maintenant que mon influence s’est étendue à d’autres groupes sous-représentés, je suis très enthousiaste à l’idée de pouvoir reproduire et appliquer cette approche stimulante pour aider leurs entreprises à prospérer et à se développer.

Laura Didyk explique comment les femmes entrepreneurs peuvent réussir dans l’adversité.

Laura Didyk BDC VP

Nous sommes à la mi-novembre et cela fait maintenant huit mois que la pandémie de COVID-19 bouleverse notre quotidien. Comme certaines d’entre vous, je suis toujours en télétravail et je m’emploie à trouver de nouvelles façons d’entretenir les liens avec des femmes entrepreneurs partout au pays.

Si la crise de la COVID-19 nous a toutes mises à rude épreuve, je crois qu’elle nous a aussi amenées à donner le meilleur de nous-mêmes. Le plus inspirant pour moi est de voir la persévérance et la résilience dont les femmes entrepreneurs font preuve. L’avenir de nombreux secteurs n’a jamais paru aussi incertain, et pourtant ces leaders audacieuses ne cessent de chercher de nouvelles perspectives pour leur entreprise, leurs clients et leurs employés, et de se préparer pour l’avenir. 

Comment est-ce possible? L’histoire nous a appris qu’une mauvaise économie crée parfois des occasions et, pour citer Winston Churchill, « il ne faut jamais gaspiller une bonne crise ». En fait, certaines des entreprises les plus emblématiques du monde sont issues d’une tourmente économique et de la nécessité de faire les choses autrement. Les entreprises Disney et HP ont été lancées pendant la Grande Dépression, et la récession de 2008-2009 a été le terreau fertile de la révolution numérique qui nous a donné Uber, Airbnb et Square, des entreprises désormais incontournables dans la plupart de nos vies. 

Un peu plus tôt cette année, j’ai lancé cette chronique dans le but de présenter des entretiens édifiants avec des femmes entrepreneurs qui non seulement traversent cette crise, mais trouvent le moyen de prospérer. Mon objectif? En inspirer d’autres à suivre leur exemple. Dans un monde trouble, la seule certitude que j’ai est que rien ne peut empêcher ces femmes de réaliser leurs rêves, pas même une pandémie mondiale! 

Dans le cadre de cette série, je me suis entretenue avec des propriétaires d’entreprise pour apprendre tout ce que je pouvais sur les outils nécessaires à la survie d’une entreprise, la manière d’aider ses employés en temps de crise, et les moyens d’atteindre les consommateurs et de maximiser les perspectives de ventes, entre autres choses. Dans le dernier billet de cette série, je vous présente trois conseils qui m’ont marquée et qui, selon moi, aideront chaque propriétaire d’entreprise, tous secteurs, tailles ou stades de développement confondus. 

Le pouvoir de la pensée positive

Les femmes tendent à être plus exigeantes envers elles-mêmes. Nous nous poussons à en faire plus, à nous améliorer et à ne rien laisser tomber. Cette incessante quête de l’excellence peut être accablante et miner la confiance en soi. Mais comme l’ont démontré ces femmes entrepreneurs, le doute se surmonte en persévérant, en s’acharnant et en suivant son instinct, même si c’est difficile. Pour citer Evelyne Nyairo, fondatrice de la gamme de produits de soins corporels socialement responsables Ellie Bianca, il faut garder le cap. « Avez-vous des craintes? Oui. Avez-vous des doutes? Oui. Mais foncez quand même. »

Plus les temps sont durs, plus il faut être inventive.

Pendant une pandémie mondiale, aucune recette n’étant infaillible, il faut trouver des façons créatives de s’adapter à des circonstances qui évoluent. Bobbie Racette, fondatrice de l’entreprise technologique Virtual Gurus, constatait que les propriétaires d’entreprises en démarrage et de petites entreprises en arrachaient pendant cette crise. Elle leur a donc offert une aide administrative gratuite ou à prix réduit. Ce coup de pouce semble avoir porté ses fruits, car beaucoup de ces propriétaires sont devenus des clients payants, faisant augmenter son chiffre d’affaires de 66 %. Andrea Mulligan, copropriétaire de Sleeping Giant Brewing Company, a vu ses employés se démener pour trouver une garderie afin de pouvoir revenir au travail. Voyant une occasion de leur prêter main-forte, elle a ouvert une garderie dans une partie de sa brasserie auparavant utilisée pour des événements. Elle l’a depuis rendue accessible à d’autres membres de la collectivité.   

Ne laissez pas une crise saboter la culture de votre entreprise.

Rester fidèle aux valeurs fondamentales de votre entreprise est crucial en temps de crise. Pour Maude Rondeau de Luminaire Authentik, il est important de continuer à concevoir et à fabriquer tous ses produits au Québec. De ses modestes débuts dans son garage à un atelier de production et d’entreposage de 5 000 mètres carrés (53 000 pieds carrés), elle vend désormais ses produits partout en Amérique du Nord. Demeurant fidèle à ses valeurs, elle continue de fabriquer ses produits au Québec. Pour Evelyne Nyairo, l’important c’est d’être un exemple pour sa fille et les amies de celle-ci. Pour reprendre ses propres paroles, « si elles ne voient pas nos réalisations, si elles ne nous voient pas exceller, elles continueront à tourner en rond. Rien ne me rend plus heureuse que de voir une autre femme réussir. Je veux simplement voir autant de femmes que possible créer de grandes entreprises. »

L’année a certes été difficile pour les entreprises – grandes et petites – mais, malgré les sombres perspectives, il existe de nombreux exemples inspirants de femmes entrepreneurs qui prospèrent au sein de leurs entreprises et des collectivités qu’elles servent. À BDC, nous sommes là pour fournir les outils, les conseils, les capitaux ou le soutien nécessaires non seulement pour que les entreprises survivent, mais aussi pour qu’elles soient florissantes. 

En 2018, la Banque s’est fixé l’ambitieux objectif de fournir 1,4 milliard de dollars à des femmes entrepreneurs pour qu’elles puissent lancer et développer leur entreprise. Aujourd’hui, je suis fière de dire que nous avons atteint cet objectif plus tôt que prévu et que nous continuons à investir dans les femmes parce qu’elles sont essentielles à la réussite économique du Canada et parce que nous voyons un grand potentiel dans leur capacité à développer leur entreprise et à la hisser au niveau supérieur. À toutes celles d’entre vous qui vivent de l’anxiété ou du désespoir en ces temps difficiles, je tiens à dire que nous voyons ce que vous faites et ce qui vous attend, et que nous sommes prêts à vous aider à réussir. Et nous ne sommes pas les seuls. 

Sachez que votre bond ou votre pas hésitant en avant pourrait avoir un effet d’entraînement. Comme l’a dit Evelyne Nyairo, « Lancez-vous en premier, et vous pourriez bien en inspirer d’autres à en faire autant ».

En pleine pandémie, Luminaire Authentik a repensé son modèle d’affaires en mettant l’accent sur l’expérience client.

En tant que vice-présidente et leader nationale, Entrepreneuriat au féminin à BDC, Laura Didyk passait beaucoup de temps avant le confinement à parcourir le pays pour échanger avec des femmes entrepreneurs. Poursuivant ces conversations de manière virtuelle, elle s’est entretenue ce mois-ci avec Maude Rondeau, fondatrice et présidente de Luminaire Authentik, une entreprise québécoise de création et de fabrication de luminaires.

 

Après l’obtention de son diplôme en administration des affaires, Maude Rondeau a évolué pendant 13 ans dans le monde de la mode, mais elle rêvait depuis toujours d’être à son compte. Lassée des voyages d’affaires et du peu d’occasions d’exprimer sa créativité, Maude décide, en 2015, de démissionner pour se consacrer à sa passion : la conception de luminaires.  

Depuis son domicile, Maude fonde l’entreprise Luminaire Authentik dans le but de combler une demande pour des produits stylés et originaux à prix abordable. Soucieuse des besoins de ses clients, elle a vu son entreprise croître au cours des cinq années suivantes.

Si tous ses produits sont toujours conçus et fabriqués au Québec, Maude a déménagé ses pénates du sous-sol de sa maison à un atelier de production et d’entreposage de 5 000 mètres carrés. Aujourd’hui, ses produits sont vendus partout en Amérique du Nord à des particuliers et à des entreprises, en ligne et dans trois salles de démonstration exclusives.  

J’ai demandé à Maude comment elle a réussi à développer son entreprise tout en l’adaptant efficacement pendant la pandémie afin de garder le cap.   

 

Laura : J’aime toujours parler des débuts. Comment avez-vous eu l’idée de Luminaire Authentik et comment l’avez-vous concrétisée?

Maude : J’ai travaillé pendant 13 ans dans le monde de la mode, où j’ai acquis beaucoup d’expérience en vente, en marketing et en distribution de marques. Je devais toutefois beaucoup voyager et, à 33 ans, j’en ai eu assez des déplacements d’affaires et des salons professionnels. J’étais également lasse de devoir faire les choses en me conformant à un moule. La tête pleine d’idées, j’avais toujours rêvé d’avoir ma propre entreprise. 

D’un autre côté, tous ces voyages ont nourri mon amour pour l’architecture et l’éclairage et ma passion pour le design. Forte de cette sensibilité et de mon expérience en commerce, j’ai vu une occasion d’affaires. Il y a cinq ans, le choix de luminaires abordables ayant du style était limité. Les produits étaient soit très coûteux soit très bon marché; il n’y avait pas de juste milieu. 

J’ai décidé de quitter mon emploi et commencé à fabriquer des luminaires dans mon sous-sol. J’ai rencontré quelqu’un qui m’a aidée à comprendre les éléments de la construction, et une fois bien établie sur cette assise, j’y ai ajouté une touche personnelle. 

Laura : Cette touche personnelle fait aujourd’hui partie intégrante de votre modèle d’affaires, n’est-ce pas? 

Maude : L’important, c’est l’expérience du client. Les gens sont heureux de participer à la conception de leur propre produit – qu’ils soient des architectes travaillant sur un projet spécifique ou des clients qui veulent créer leur propre éclairage de maison (avec l’aide de nos experts, bien entendu). En nous occupant de la conception, de la fabrication et de la distribution des produits, nous avons pu obtenir le bon prix et vivre cette expérience avec les clients. 

Laura : À en juger par l’état actuel de votre entreprise, cette formule a été très fructueuse. Pouvez-vous m’en dire plus sur votre parcours au cours des cinq dernières années?

Maude : Nous avons fait nos débuts dans mon garage de 65 mètres carrés et, deux ans plus tard, nous avons emménagé dans un atelier de près de 300 mètres carrés. Nous aurions pu rester là, mais je voulais ajouter un circuit de distribution, celui des hôtels et des entreprises, ce qui exigeait une accélération de la production et plus d’espace d’entreposage des produits finis. Il y a un an, nous nous sommes installés dans des locaux de 5 000 mètres carrés, dont près de 1 500 servent d’atelier. Cela a créé beaucoup de nouvelles perspectives et de l’espace pour croître.

 

« Suivez votre instinct, n’ayez pas peur et soyez épaulé par les bonnes personnes. »

 

Laura : Une telle croissance en cinq ans, c’est très rapide, non? Comment avez-vous réussi à gérer tout cela et quels enseignements en avez-vous tirés?

Maude : Il est difficile de répondre à cette question, car je dois encore aujourd’hui gérer la croissance. Mon conseil est de toujours suivre son instinct. Je l’applique tous les jours. De plus, il ne faut pas craindre de passer à l’action, car l’inaction empêche de croître. 

En début de croissance, le principal défi d’un entrepreneur est toujours l’embauche de personnel. Il n’est pas facile de trouver les bonnes personnes, au bon moment. Je suis entourée d’une équipe formidable, mais certains postes semblaient impossibles à pourvoir. Une fois que c’est fait, cependant, l’atteinte de vos objectifs est possible. C’est impossible de tout faire par soi-même. Je n’y suis pas arrivée toute seule. Mon équipe m’épaule, et je dirais que c’est le facteur le plus complexe et le plus important dans la croissance de l’entreprise.

Laura : La pandémie a-t-elle eu une incidence sur vos projets de croissance? Vous avez mentionné que vous commenciez à exploiter le marché hôtelier, mais ce secteur a été l’un des plus durement touchés par la pandémie. 

Maude : La pandémie de COVID-19 a indéniablement freiné nos projets de croissance. De grands projets avec des hôtels ont été annulés. Si je compare les projections budgétaires pour l’année et la situation réelle, c’est un désastre. Mais la comparaison ne doit pas se limiter aux chiffres. Nous vivons une situation anormale.

Les ventes interentreprises, avec les hôtels et les restaurants, par exemple, sont sur pause, mais elles reprendront – on ignore seulement à quel moment. Il s’agit donc maintenant de trouver de nouvelles façons de composer avec le changement et de nouvelles pistes d’exécution de notre plan d’affaires. J’ai vite compris que la seule façon de traverser cette crise était d’être le plus proche possible des clients. Le volet des ventes commerciales étant fermé, nous avons misé sur l’approche résidentielle.

Tous ces gens confinés à la maison ont commencé à investir dans leur espace, parce qu’ils s’y retrouvaient « coincés ». Cela nous donnait une formidable occasion d’offrir un service à la clientèle plus personnalisé et plus accessible, et de concevoir et de fabriquer de nouvelles collections de produits aptes à susciter l’enthousiasme. Nous voulions être perçus comme une entreprise locale novatrice et dynamique.

Laura : Comment y êtes-vous arrivés? Pouvez-vous nous donner des exemples de mesures que vous avez prises pour stimuler vos ventes dans le secteur résidentiel?

Nous avons toujours eu un volet de commerce électronique, mais nous avons investi beaucoup de temps et d’énergie pour améliorer grandement l’expérience des clients en ligne.

Une semaine après le début de la pandémie, j’ai compris que nous ne pouvions pas recevoir de clients, mais que nous pouvions leur proposer des visites virtuelles de la boutique. Nous pouvons maintenant joindre des clients partout au Canada par rencontre virtuelle privée avec un conseiller en éclairage, ce qui est même mieux, car nous pouvons voir leur espace de vie et leur faire des suggestions. Cela a débouché sur un modèle d’affaires auquel je n’aurais jamais pensé auparavant. 

Nous avons également créé une plateforme 3D, axée sur un outil que nous avions développé à l’origine pour que les architectes et les concepteurs puissent comprendre toutes les possibilités d’intégration de nos composants. Nous l’avons rendu plus convivial à l’intention des consommateurs. De leur domicile, nos clients peuvent à présent voir toutes les formes, couleurs et fonctions qui s’offrent à eux. Nous leur offrons 2 800 possibilités! Ils auraient la même expérience de personnalisation en boutique, mais nous l’avons recréée virtuellement, en leur donnant les outils pour concevoir leur propre éclairage et l’accès à des conseillers.

Le mariage de ces deux éléments a été la clé du succès. Cela nous a aidés non seulement à traverser la crise, mais aussi à éclipser des entreprises n’offrant pas de tels outils ou services. L’adaptation et la rapide mise en marché de ces outils et services ont demandé beaucoup d’énergie, mais cela nous donne aujourd’hui accès à de nouveaux clients au Canada et aux États-Unis.

Laura : Comment se porte votre entreprise physique? Vous avez toujours des salles de démonstration à Montréal et à Cowansville, et un nouvel emplacement ouvrira ses portes à Toronto en septembre prochain, à un moment où de nombreux détaillants réduisent leurs activités. 

Maude : Comme je le disais plus tôt, il faut se montrer stratégique et ne pas craindre de passer à l’action. Les gens travaillent à domicile, et cela deviendra la norme pour beaucoup d’entre eux. Ne voyageant pas et ne fréquentant pas les restaurants autant qu’avant, les gens ont de l’argent à investir dans leur milieu de vie. Notre avenir est dans le résidentiel. Nous devons avoir pignon sur rue à Toronto pour exploiter davantage ce marché très porteur. Les outils virtuels sont efficaces, ils nous aident à traverser cette crise, mais rien n’est comparable à l’expérience complète, qui s’est améliorée à cause de la pandémie.

À la réouverture de notre boutique de Montréal, les clients pouvaient venir sur rendez-vous seulement, et même si tout revient à la normale, nous allons conserver ces rencontres privées. L’expérience du client est bien meilleure lorsqu’il bénéficie d’un accès exclusif à toute la boutique et de l’attention complète d’un conseiller en éclairage. L’ouverture sur rendez-vous seulement signifie que nous avons besoin de moins d’espace et qu’il est plus facile d’y assurer l’hygiène.

Laura : Il semble que vous ayez réussi à créer l’expérience client que vous recherchiez, et qu’ironiquement, la pandémie vous ait montré un moyen plus efficace d’y parvenir.

Maude : Absolument. Je n’aurais jamais pensé qu’il serait plus efficace d’ouvrir la boutique sur rendez-vous seulement. Si nous regardons la conversion des ventes en boutique, c’est comme le jour et la nuit. C’est tellement bien que ce n’est pas comparable. Nous investissons le temps qu’il faut avec un client motivé, et cela porte ses fruits.

Laura : Je suis heureuse de l’entendre. Forte de vos succès jusqu’à présent, quels conseils donneriez-vous à d’autres entrepreneurs qui peinent à traverser la pandémie?

Maude : C’est simple : suivez votre instinct, n’ayez pas peur et soyez épaulé par les bonnes personnes. Entourez-vous bien et regardez droit devant.

FOIRE AUX QUESTIONS : Comment Francine, Stéphanie et Marie-Ève s’adaptent-elles à une nouvelle normalité?

À la Boîte à Fleurs de Laval a été fondée en 1966 par Denise Locas, une femme avant-gardiste qui voulait financer les études de ses enfants. Cette femme dotée d’un talent extraordinaire et d’une détermination à toute épreuve a su diriger l’entreprise pendant près de 30 ans, pour ensuite passer les guides à sa fille Francine Locas-Joly en 1995.

Très jeune autodidacte, Francine prend plaisir à apprendre et à faire découvrir sa passion des fleurs aux gens qui l’entourent. Pendant des années, elle donne des cours, des conférences et des ateliers.

De 1999 à 2005, elle a été chroniqueuse en art floral aux SAISONS DE CLODINE. En 2003, elle a publié le premier numéro d’un magazine sur l’art floral intitulé Fleurs-Déco: une première au Québec! Ce magazine compte plus de 30 projets à réaliser, des conseils pratiques, des idées et la liste des fournitures pour les exécuter. En 2005, le second numéro paraissait.

Francine aime se ressourcer et rester à l’affût de tout ce qui est tendance dans l’industrie. Elle découvre chaque année un nouveau pays où elle trouve des idées qu’elle prend plaisir à partager avec vous à la boutique.

Comme sa mère l’a fait, Francine a transmis à sa fille Stéphanie Joly les gènes de l’amour et de la passion des fleurs. Toujours plus haut, toujours plus loin, Stéphanie a des projets plein la tête! Diplômée en design de présentation et détenant un baccalauréat en gestion de l’Université McGill, Stéphanie possède maintenant tous les outils et l’expérience nécessaires pour assurer la pérennité de l’entreprise familiale. Directrice de la Division Fleurs, Stéphanie adore relever des défis ! Sa mission? Toujours se renouveler et créer des «Wow !» avec l’aide de son équipe! Elle transforme chaque bouquet de fleurs en une expérience unique ! 

C’est à l’automne 2010 qu’une seconde fille de Francine, Marie-Ève Joly, sa fille aînée, s’est jointe à l’entreprise. Diplômée de l’Institut du Tourisme et de l’Hôtellerie du Québec et directrice de la salle à manger du renommé restaurant Les Menus-Plaisirs à Sainte-Rose pendant près de 10 ans, Marie-Ève a remporté en 2010 le Grand Prix du tourisme québécois, Lauréat OR, catégorie superviseure touristique. Depuis qu’elle s’est jointe à l’équipe, Marie-Ève est directrice de la Division Gourmet, et fait découvrir aux clients ses trouvailles gourmandes et ses judicieux conseils, sa passion des produits fins ! 

À la Boîte à Fleurs est fière d’avoir développé au fil des années, une clientèle très prestigieuse et d’avoir créé un lien de confiance avec des compagnies renommées tels Gestion Privée DESJARDINS, Financière Banque Nationale, Alimentation Couche-Tard, La Maison Simons, Remax, Les Productions Feeling (Céline Dion), Hôtel Intercontinental, Hôtel W, etc.

Parce qu’elles voient grand, Francine, Marie-Ève et Stéphanie ont créé un programme innovateur de cadeaux reconnaissance offert à l’ensemble des entreprises canadiennes et elles ont pris la décision de certifier leur entreprise We Connect International afin d’accéder à de nouveaux marchés, en vendant à des multinationales d’ici ou à l’international. Ces femmes entrepreneures transforment leurs rêves en occasions d’affaires et entrevoient l’avenir avec beaucoup d’optimisme !

 

À quels aspects de votre entreprise consacrez-vous le plus d’énergie et d’attention ? 

Notre mission est de mettre de l’avant des fleurs équitables et/ou locales dans nos bouquets et d’offrir des produits gourmets québécois dans nos paniers-cadeaux. Ainsi,  nous investissons dans les entreprises d’ici et encourageons les producteurs locaux. En ces temps d’incertitude, notre mission prend tout son sens ! 

Il est important pour nous de constamment nous renouveler et nous distinguer de la compétition en cherchant de nouveaux produits à offrir à notre clientèle. Nous nous efforçons de garder notre boutique en ligne à jour afin qu’elle représente bien notre grande variété de produits, notre créativité, notre minutie et notre professionnalisme.

Enfin, il est primordial pour nous de nous assurer du bien-être de notre équipe. Durant cette pandémie, il est encore plus important de prendre soin de nos employés en étant certaines qu’ils soient en sécurité et heureux au travail !

 

Quel est le problème le plus important que vous essayez de résoudre?

Actuellement, nous principal défi est la COVID-19. La peur, la réglementation et la distanciation sociale occasionnent une baisse d’achalandage en boutique et au bistro, et affectent nos revenus provenant des mariages, des contrats avec les hôtels et des funérailles. La santé et la sécurité de nos clients, de nos employés et de nous-même sont présentement au cœur de nos décisions, mais nous sommes optimistes et prêtes à traverser cette période.

Aussi, l’utilisation des services de livraisons confiées à des transporteurs externes sont pour nous un enjeu. En effet, dû à la situation actuelle, les délais sont très longs. Ces livraisons sont souvent coûteuses et demandent la plupart du temps un double emballage. Nous étudions plusieurs possibilités dans le but de réduire les coûts de livraison et réduire la quantité d’emballage nécessaire afin que le produit livré soit le plus abordable et écoresponsable possible. 

 

Quelle a été votre solution la plus fructueuse jusqu’à présent ?

Nous sommes très fières d’avoir investi à l’automne 2015 dans un site internet transactionnel, personnalisé selon nos besoins. C’était très audacieux à l’époque dans notre domaine de créer son propre site internet. Au fil des cinq dernières années, nous l’avons mis à jour, nous l’avons amélioré et nous avons eu la chance de l’apprivoiser graduellement. Notre partenaire web est une ressource précieuse et nous sommes fières d’avoir créé un lien de confiance avec lui depuis ces années. C’est ce qui nous a permis d’être prêt à faire face à l’explosion de commandes en ligne que nous avons reçues au début de la pandémie et spécialement à la fête des mères; plus de 400 commandes reçues pour l’occasion ! 

 

« Je pense que tout est une question d’avoir des objectifs et des prévisions réalistes. Il est bien de voir grand, mais il faut être prudent. Comme nous pouvons le constater cette année, personne n’est à l’abri d’une crise économique ou d’un arrêt temporaire des opérations. »

 

Comment êtes-vous restées en contact avec vos clients et vos employés? 

Il était primordial de rester connectées avec nos employés lors de la fermeture du commerce au début de la pandémie. Nous avons créé un groupe Facebook avec notre équipe afin de se partager des nouvelles et de se faire de petits 5 à 7 virtuels, c’était rafraîchissant et stimulant de se revoir !  Nous contactions aussi nos fournisseurs pour rester à jour avec les arrivages de fleurs et leurs nouveaux produits. Enfin, nous sommes restées connectées avec nos communautés Facebook et Instagram et nous avons aussi envoyé des nouvelles à notre clientèle membre de notre Bulletin Fleurs & Saveurs !

 

Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui ont des difficultés financières?

Tout d’abord, je pense que tout est une question d’avoir des objectifs et des prévisions réalistes. Il est bien de voir grand, mais il faut être prudent. Comme nous pouvons le constater cette année, personne n’est à l’abri d’une crise économique ou d’un arrêt temporaire des opérations. Entourez-vous de personnes compétentes et expertes dans leur domaine et n’attendez pas pour demander de l’aide, qu’elle soit financière, stratégique ou psychologique.

 

Qu’est-ce qui vous a surprise ? 

La pandémie nous a fait réaliser à quel point nous avions un beau métier et à quel point les fleurs et les produits fins faisaient plaisir à offrir. Au début du confinement nous avons clairement observé que les personnes avaient besoin d’envoyer des fleurs et des gourmandises afin de réconforter leurs proches. Nous avions le sentiment d’être un marchand de bonheur. Plusieurs clients faisaient livrer des fleurs pour la première fois !  Nous n’avons jamais reçu autant de beaux témoignages de satisfaction. Nous avons également été agréablement surprises par la réaction de notre équipe de 15 employés ! Ils font preuve de résilience et de compréhension. Ils sont très respectueux et rigoureux avec les règles d’hygiènes et de sécurité. Nous sommes très fières de notre belle équipe !

 

Quel est votre horizon de planification? 

Nous avons un plan stratégique sur un horizon de 5 ans ainsi qu’une revue annuelle avec notre comptable externe. Cependant, nous aimons beaucoup suivre notre instinct et notre feeling qui nous ont toujours bien servi. À court terme, nous avons comme objectif de trouver encore plus de producteurs et artisans locaux à mettre en valeur dans nos paniers-cadeaux. À moyen terme, nous avons comme objectif de réduire notre empreinte environnementale dans nos emballages et livraisons, et à long terme, nous souhaitons créer plus de partenariats d’affaires avec de grandes entreprises de distributions de cadeaux promotionnels et de reconnaissance.

 

Qu’est-ce qui vous fait garder le moral?

Nous aimons beaucoup travailler en famille. Je m’entends merveilleusement bien avec ma sœur et ma mère ! Les journées où nous sommes toutes les trois au bureau sont très agréables; elles nous permettent d’être productives et d’avoir du plaisir en même temps. C’est impressionnant de constater à quel point nous sommes complémentaires les trois ensemble. Il nous arrive souvent des passer plusieurs minutes le soir ensemble au téléphone à jaser de tout et de rien. Ça décourage parfois nos conjoints de voir que nous avons encore autant de choses à placoter, même si nous avons passé la journée ensemble au bureau ;)!

Il va de soi aussi que la fidélité de nos clients et le support de notre équipe nous aide énormément à traverser les périodes plus difficiles. Nous sommes reconnaissantes de la loyauté de nos employés envers l’entreprise. Ils sont en effet une ressource précieuse pour nous et nous tenons à les remercier. C’est grâce à leur talent et leur professionnalisme que notre clientèle est satisfaite et qu’elle revient.

 

Quel message voulez-vous faire passer aux entrepreneurs en ce moment? 

Continuez à vous surpasser ! Si les ventes sont à la baisse, profitez-en pour développer votre entreprise, prendre de temps d’analyser le marché et votre offre de service afin de bien rebondir. De plus, il ne faut surtout pas sous-estimer l’effet de son réseau d’affaires. Il est important d’être bien entouré, de rester connecté et de continuer à créer des liens. Pour notre part, le Réseau des Femmes d’Affaires du Québec (RFAQ), où nous sommes membres depuis de nombreuses années, nous a été d’une aide précieuse à tous les niveaux. En tant que membre du comité de gestion du RFAQ Laval, je vois de nombreuses opportunités d’affaires grâce à eux ; ce réseau connecte, inspire et propulse les femmes entrepreneures ! 

Cinq minutes avec Brigitte Jalbert, Présidente de Les Emballages Carrousel — un chiffre d’affaires de 162 millions et comptant 375 employés

Brigitte Jalbert se dirigeait du côté de la photographie et des communications lorsqu’elle travaillait durant les étés pour l’entreprise familiale. C’est en 1986 qu’elle joint l’équipe à temps plein.  Emballages Carrousel a alors un chiffre d’affaires de 8 millions et compte 30 employés au grand total. Au cours des années qui suivent, elle occupera différents postes au sein de l’entreprise, particulièrement du côté des ventes, des achats, du marketing et des ressources humaines, jusqu’à ce qu’elle devienne actionnaire et vice-présidente en 1997.  La compagnie continue d’évoluer : usine de fabrication de sacs de papier, ouverture d’une succursale à Québec et acquisition d’une entreprise concurrente à Drummondville.  En 2011, Brigitte Jalbert est nommée présidente alors que son père, jusqu’alors président-fondateur devient président du nouveau C.A.  Aujourd’hui, Carrousel a un chiffre d’affaires de 162 millions et compte 375 employés. Nous avons échangé avec Brigitte au sujet de l’entreprise, de son parcours et de ses meilleurs conseils.

 

Commençons par nous familiariser avec votre entreprise : comment pourriez-vous la décrire en quelques phrases ?

Emballages Carrousel est une entreprise de distribution de produits d’emballage alimentaire, d’emballage industriel, de produits sanitaires et d’entretien, de machinerie d’emballage. Nous opérons également une manufacture de sacs de papier (principalement sacs à pain et sacs à pharmacie).  Carrousel est une entreprise familiale créée par mon père, Denis, en 1971. Nous allons célébrer le 50e anniversaire l’an prochain !

 

Vous avez commencé à travailler dans l’entreprise familiale pendant vos vacances scolaires. Aviez-vous dès le départ l’intention d’en prendre la direction ?

Absolument pas !  Je suis arrivée chez Carrousel en attendant de trouver ma voie.  J’étais entre deux années d’université et j’ai étudié dans trois domaines différents. Ça été bien difficile pour moi de découvrir mes forces et mes réels intérêts afin d’aligner ma carrière.  J’étais très loin de me douter que 34 ans plus tard je serais encore active chez Carrousel et encore moins que j’occuperais le poste de présidente-directrice générale.

 

Décrivez l’évolution et la croissance de l’entreprise depuis le début de votre leadership en 2011.

Carrousel a toujours eu une belle croissance au fil des ans, néanmoins, je réalisais que pour assurer sa pérennité, il fallait se doter de meilleures pratiques (principalement pour la logistique, la chaine d’approvisionnement et la planification stratégique) et ajouter certaines compétences qu’on n’avait pas à l’interne.  J’ai tout d’abord fait monter dans l’autobus d’excellents collaborateurs et ensemble, nous avons bâti un plan de croissance. Nous avons notamment changé nos logiciels et ajouté des nouveaux tels que gestion d’inventaire, gestion des routes de livraison, de prise de rendez-vous; nous avons développé de nouvelles lignes de produits, révisé notre mission et nos valeurs et revampé complètement notre image de marque pour ensuite bâtir tout le volet web et les commandes en ligne.  

 

Faites-vous une relation entre les choix faits pour monter votre équipe et le succès de l’entreprise ?

S’entourer des bonnes personnes est selon moi la clé de la réussite.  Chez Carrousel, la culture d’entreprise est forte et bien présente.  Lorsque nous devons ajouter de nouvelles personnes à l’équipe, au haut de notre liste d’aptitudes et d’habiletés se trouvent le respect, une attitude positive, le savoir-être, le leadership, l’écoute, la bienveillance.  Nous privilégions les candidats (tes) qui nous ‘’ressemblent’’ à ceux qui auraient peut-être tous les diplômes et l’expérience requise mais qui n’épouseraient pas nos valeurs.  C’est ce qui fait que nous ayons l’équipe la plus solide qui soit !

 

“Chaque être humain a une responsabilité face à la protection de notre planète. Une entreprise qui distribue des produits faits de plastique ou d’autres matériaux dommageables doit se donner une ligne directrice afin d’en minimiser l’impact sur l’environnement.”

 

En 1971, votre père à démarré l’entreprise en vendant deux produits. Aujourd’hui, vous en vendez environ 12 000. Que dire de cette croissance faramineuse ?

Notre modèle d’affaires a évolué au fil des ans, mais le fil conducteur est de faire de Carrousel un ‘’one stop shop’’ pour notre clientèle.  Et pour ça, il nous faut une offre de produits des plus diversifiée.  Graduellement depuis 1971, nous ajoutons des lignes de produits pour répondre aux besoins de nos clients et avons ainsi élargi le spectre de notre clientèle cible qui visait au départ les boucheries et épiceries de quartier. Aujourd’hui nous sommes en mesure de servir tant le fabricant de portes et fenêtres, le producteur de brocolis, le traiteur, le transformateur alimentaire, les cafétérias d’hôpitaux, d’écoles, de centres de détention, etc… 

 

Vous vous êtes fixé une mission écologique. Pourquoi avoir pris une telle décision ? Comment avez-vos rencontré cet objectif ? En adoptant quelles étapes ?

Chaque être humain a une responsabilité face à la protection de notre planète.  Une entreprise qui distribue des produits faits de plastique ou d’autres matériaux dommageables doit se donner une ligne directrice afin d’en minimiser l’impact sur l’environnement. Parce que Carrousel est leader dans son industrie, nous avons rapidement choisi de nous positionner comme précurseurs en adoptant certaines pratiques et en nous engageant à ajouter annuellement 500 nouveaux produits écoresponsables à notre offre, et ce, pour une période minimale de 5 ans.  Également, nous avons créé notre ‘’Catalogue écoresponsable’’ qui a circulé partout au Québec, tant sur les réseaux sociaux et sur notre site web que par le biais de notre équipe de vente.  L’écoresponsabilité, c’est aussi une question d’éducation.  Nos 370 employés ont été formés afin d’être en mesure de mieux comprendre les tenants et aboutissants, de faire de meilleurs choix et d’encourager tant nos clients que nos familles à contribuer à la protection de notre environnement.

 

En tant que leader, quels défis avez-vous surmontés ?

Il y en a eu plusieurs, mais je dirais que les plus marquants ont été de prendre conscience de mes forces et de réaliser qu’elles étaient d’une certaine manière, nécessaire à la pérennité de Carrousel.  Également, ça été tout un défi de réussir la transition entre la première et la deuxième génération (mon père a eu beaucoup de difficulté à lâcher prise), de bonifier le niveau de croissance et d’excellence tout en m’assurant de maintenir la santé financière à un niveau supérieur.  Et je dirais que ce dont je suis le plus fière, c’est que nous ayons réussi à préserver la culture qui est si signifiante chez Carrousel. 

 

Quel impact la Covid-19 a-t-elle eu sur votre entreprise ? Quelles mesures avez-vous prises afin d’y répondre ?

La Covid !!!  Heureusement, nous nous en sommes quand même bien sortis.  Nous figurons parmi les privilégiés car Carrousel fait partie des entreprises de service.  Si on ne compte pas le personnel d’entrepôt et nos livreurs, 95% de nos gens se sont retrouvés du jour au lendemain en télétravail (nous avons été surpris de constater que tous les postes s’y prêtaient finalement!).  Notre équipe aux achats a passé des jours complets et des nuits entières à chercher des masques, visières, gants, produits nettoyants, désinfectants, bornes sur pied,  produits que nous vendions déjà, mais jamais autant !   Un des enjeux majeurs fût aussi de revoir notre chaine d’approvisionnement.  Certains produits comme par exemple les plateaux pour traiteur ne se vendent absolument plus et en contrepartie, les produits à usage unique (sacs à bretelles, ustensiles de plastique, pailles, contenants pour emporter…) ont retrouvé une grande popularité.  L’environnement aura aussi beaucoup souffert de cette crise, car il est devenu impératif de limiter les risques de propagation en jetant le plus possible les produits d’emballage dont on se sert. 

 

Avez-vous des conseils pour les entreprises familiales souhaitant transmettre la propriété et la direction à la génération suivante ?

Oh oui, en voici quelques-uns !  

  • Préparer longtemps d’avance le processus de relève, en discuter régulièrement avec les personnes-clés de l’entreprise (pas seulement cédant-repreneur).
  • Impliquer dans les discussions des gens de l’extérieur en qui vous avez confiance, qui vous connaissent bien, qui ont un regard neutre et moins émotif (ex. votre comptable, votre 
  • banquier …).
  • Le repreneur doit s’entourer de personnes solides qui épousent les mêmes valeurs et qui ont des compétences complémentaires.  Un dirigeant n’est pas expert en tout, il est important de bâtir une ‘’équipe de relève’’. 
  • S’entendre d’avance sur un échéancier, une date de départ du cédant et s’y tenir.  Même lorsque c’est difficile pour lui de lâcher prise …

FOIRE AUX QUESTIONS : Comment Mandy et Rebecca s’adaptent-elles à une nouvelle normalité?

En 2004, les sœurs Mandy et Rebecca Wolfe ont fait un acte de foi et ont ouvert Mandy’s Salades gourmandes, le tout premier restaurant à Montréal où l’on peut créer soi-même sa salade gourmande. Seize ans plus tard, les copropriétaires ont construit un mini-empire qui comprend huit emplacements courus, et elles prévoyaient une expansion locale et internationale en 2020. Mais lorsque la COVID a frappé, les activités courantes ont été interrompues et les plans de croissance ont été mis en suspens. Les deux sœurs nous expliquent comment elles naviguent dans l’une des industries les plus durement touchées, comment elles se remettent de l’impact initial et comment elles adaptent leur modèle d’affaires au nouvel avenir des services alimentaires.En 2004, les sœurs Mandy et Rebecca Wolfe ont fait un acte de foi et ont ouvert Mandy’s Salades gourmandes, le tout premier restaurant à Montréal où l’on peut créer soi-même sa salade gourmande. Seize ans plus tard, les copropriétaires ont construit un mini-empire qui comprend huit emplacements courus, et elles prévoyaient une expansion locale et internationale en 2020. Mais lorsque la COVID a frappé, les activités courantes ont été interrompues et les plans de croissance ont été mis en suspens. Les deux sœurs nous expliquent comment elles naviguent dans l’une des industries les plus durement touchées, comment elles se remettent de l’impact initial et comment elles adaptent leur modèle d’affaires au nouvel avenir des services alimentaires.

 

À quels aspects de votre entreprise consacrez-vous le plus d’énergie et d’attention? 

D’une certaine manière, nous revenons à nos racines, à savoir un concept de plats à emporter pour la gastronomie décontractée. Depuis seize ans que nous préparons des salades et des gâteries pour Montréal, nous avons agrandi nos salles à manger et incité les clients à manger sur place, mais en raison des directives sanitaires et gouvernementales qui ne permettent que les plats à emporter et la livraison pendant cette pandémie, nous devions revenir à notre concept original de 2004.

Quel est le problème le plus important que vous essayez de résoudre?

Nous essayons d’être le canal et le pont les plus sûrs et les plus utiles entre nos fournisseurs et nos clients. Quand il est devenu clair que la situation allait s’aggraver avant de s’améliorer, nous avons pris contact avec eux et avons essayé de trouver un moyen de faire parvenir le plus de nourriture possible au plus grand nombre de gens possible, notamment les travailleurs de la santé dans les hôpitaux et les CHSLD (établissements de soins de longue durée) les plus touchés.

Quelle a été votre solution la plus fructueuse jusqu’à présent? 

Dans toutes nos décisions d’affaires et d’entreprise, nous nous imaginons à la fois à la place de notre personnel et de nos clients pour déterminer ce qui est le plus nécessaire ou souhaité en cette période éprouvante. Et pour tout le monde, c’est la sécurité, la sûreté, l’emploi et des aliments frais et sains. Du côté des clients, c’était certainement une occasion d’étendre notre offre aux boîtes d’épicerie et aux boîtes-repas. Rebecca et moi sommes à la maison avec plusieurs enfants, et préparer trois repas par jour en plus des collations sept jours par semaine devenait vraiment fatigant. L’une des meilleures choses que nous ayons faites a été d’élargir notre gamme de produits pour y inclure des boîtes de tacos à faire soi-même, des boîtes pour les enfants, des boîtes de grignotines, des boîtes de smoothies et de déjeuner, et plus encore.

Comment êtes-vous restée en contact avec vos clients et vos employés? 

Une chance qu’on a la technologie en cette époque d’éloignement social et physique! Nous avons organisé d’innombrables réunions virtuelles, conférences téléphoniques et, lorsque c’était nécessaire, visites d’emplacements. Nous avons tissé de solides liens avec nos clients par l’intermédiaire des médias sociaux, Instagram étant notre moyen favori de communiquer, de sonder et de rester en contact. Notre équipe s’est vraiment soudée en ces temps difficiles, dans un véritable esprit d’harmonie. Nous sommes très reconnaissants envers notre équipe centrale, notre direction et tous ceux et celles qui viennent travailler avec un sourire sincère, prêts à rendre quelqu’un d’autre un peu plus heureux aussi.

Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui ont des difficultés financières?

Une des choses qui nous ont sauvées est de savoir que nous ne sommes pas seules dans cette situation. La plupart des personnes que nous connaissons, en particulier dans notre secteur d’activité, ont été très durement touchées par cette pandémie. Le fait de savoir que nous sommes tous dans le même bateau a certainement apporté un peu plus de compassion, de compréhension et d’humanité dans un monde des affaires parfois froid. C’est l’occasion de renforcer les relations – avec votre propriétaire, votre personnel, votre banque, les investisseurs, vos fournisseurs, etc. Chaque entreprise est liée à une économie plus vaste, vous ne pouvez pas isoler la vôtre sans que cela n’ait d’incidence sur tant d’autres facteurs et secteurs. Si vous pouvez construire un pont vers « l’autre côté » (ce que nous appelons la fin de la COVID, peu importe quand elle surviendra!), même si ce pont est frêle, branlant et instable, ça reste une voie qui vous évitera de vous égarer dans la forêt, dans un ravin. Parlez à votre banque, voyez quelles dispositions peuvent être prises, et essayez de rester ouvert aux nouvelles façons de faire des affaires en ces temps difficiles.

 

« Soutenez-vous les uns les autres. Personne n’est votre concurrent ou votre ennemi en ce moment. Nous souffrons tous et essayons de comprendre ces nouvelles voies sans carte, alors essayez d’être un peu plus gentils et compréhensifs.»

 

Qu’est-ce qui vous a surprise? 

L’effusion de soutien et le sentiment de communauté qui nous entoure – qu’il s’agisse des voisins, des autres propriétaires de restaurants, de nos clients, et de notre personnel qui nous a remonté le moral et nous a indiqué la voie à suivre avec optimisme et leadership même les jours où nous étions déprimées – nous ont montré que les gens peuvent vraiment être étonnants dans les moments critiques. Comme l’a dit un jour un homme sage et bon : « Quand j’étais jeune et que je voyais des choses effrayantes dans les nouvelles, ma mère me disait : “Cherche ceux qui aident. Tu trouveras toujours des gens qui aident.” »

Quel est votre horizon de planification? 

Il y a eu des moments tristes depuis le mois de mars… Nous planifiions ouvrir un restaurant à Toronto l’année prochaine, notre premier livre de recettes devait être lancé le 19 mai dernier, et tous ces rêves et projets sont maintenant sur pause tandis que nous essayons de déterminer comment nous allons nous en sortir. Nous sommes super contentes que l’été arrive et que le beau temps permette aux gens de sortir un peu plus – même s’il faut respecter les mesures de sécurité –, et nos ventes reprennent quelque peu par rapport à la dévastation que nous avons subie en mars et avril. Que va-t-il se passer en automne et en hiver? Personne ne peut le dire. En ce moment, nous prenons les choses une semaine ou un mois à la fois et nous nous concentrons sur ce qui compte le plus : la santé, le bien-être, la sûreté et la sécurité de notre équipe et de notre famille.

Qu’est-ce qui vous fait garder le moral?

Redonner aux autres et les aider. Rien n’est plus agréable que de se sentir utile dans les moments difficiles. Qu’il s’agisse de donner des repas gratuits au personnel de nos hôpitaux et CHSLD, ou de préparer des boîtes d’épicerie pour les demandeurs d’asile qui ne peuvent pas se rendre aux banques alimentaires parce qu’ils sont des mères célibataires avec de jeunes enfants ou ont peur de prendre les transports en commun, chaque petit geste compte. En faisant partie de ce mouvement, en voyant tant d’autres personnes se porter volontaires pour apporter leur aide et leur contribution, nous gardons l’espoir et retrouvons notre foi dans la bonté de l’humanité.

Quel message voulez-vous faire passer aux entrepreneurs en ce moment? 

Il faut rester simple, revenir à l’essentiel… Nous vivons à une époque très minimaliste, et les gens dépensent beaucoup plus pour ce dont ils ont besoin que pour ce qu’ils veulent. Comment pouvez-vous les aider? Où pouvez-vous faire preuve de souplesse pour vous adapter et rester à flot et survivre? Soutenez-vous les uns les autres. Personne n’est votre concurrent ou votre ennemi en ce moment. Nous souffrons tous et essayons de comprendre ces nouvelles voies sans carte, alors essayez d’être un peu plus gentils et compréhensifs. Et en cas de doute, aidez quelqu’un – tout le monde y gagnera.

L’initiative Femmes de la Banque Scotia, au service de toutes les entreprises détenues ou dirigées par des femmes

 

Par Shelley White

 

Depuis son lancement en décembre 2018, l’initiative Femmes de la Banque ScotiaMC cumule les projets et, selon Geneviève Brouillard, cela ne fait que commencer.

Geneviève, qui est première vice-présidente de la région Québec et Est de l’Ontario à la Banque Scotia et membre du comité consultatif de l’initiative Femmes de la Banque Scotia, est une fervente partisane des initiatives que la Banque déploie aux quatre coins du pays pour renforcer son soutien aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes, tout particulièrement en cette période sans précédent.

« Nous pouvons encore faire beaucoup, déclare-t-elle. Nous nous sommes engagés à investir une enveloppe de trois milliards de dollars dans les trois premières années et, après un an, nous avons déjà injecté un milliard de dollars. Ce que nous voulons, c’est devenir le partenaire de choix des femmes qui possèdent ou dirigent une entreprise, donc je vois très bien cette initiative devenir un programme emblématique de la Banque Scotia. »

« Ce jalon d’un milliard de dollars en financement, ce n’est que l’une des réussites de notre première année », précise Geneviève. En effet, la Banque Scotia a aussi investi dans Disruption Ventures, le tout premier fonds privé d’investissement en capital de risque canadien fondé par des femmes, pour des femmes.

En outre, les ateliers Un-MentorshipMC et les séances de mentorat en groupe offerts en 2019 dans le cadre du volet formation de l’initiative ont permis à 1 500 dirigeantes et entrepreneures de partout au pays d’élargir leurs compétences et leur réseau. L’initiative Femmes de la Banque Scotia s’est également associée au Forum for Women Entrepreneurs pour lancer la nouvelle série de balados bilingue Le Go-To : pour les entrepreneures au courant, qui se penche sur les notions fondamentales de l’entrepreneuriat et des affaires.

Début 2020, l’initiative a étendu son champ d’action en faisant équipe avec le Réseau des Femmes d’affaires du Québec (RFAQ) pour organiser des activités dans la province tout au long de l’année.

« Le RFAQ, c’est un organisme sans but lucratif de 2 000 membres au service des femmes entrepreneures qui veulent faire croître leurs activités et percer à l’étranger ainsi que des femmes d’affaires qui aspirent à une brillante carrière, résume Geneviève. C’est le partenaire idéal pour nous, puisque nous partageons le même objectif : épauler les entrepreneures québécoises. »

« Ces activités sur mesure permettront aux participantes d’apprendre l’une de l’autre, de nouer des relations et de parfaire leurs compétences pour amener leur entreprise vers de nouveaux sommets, poursuit-elle. En s’associant avec le RFAQ, la Banque Scotia manifeste clairement son intention d’être plus présente au Québec, de faire partie intégrante des collectivités dans lesquelles ses employés vivent et travaillent. »

L’initiative Femmes de la Banque Scotia déploie donc des efforts pour augmenter sa présence dans la province et a d’ailleurs créé un nouveau poste pour piloter cette expansion. Ce poste a été confié à une personne dévouée qui possède une profonde compréhension du marché et une vaste expérience de travail avec des femmes entrepreneures et de conception de programmes et de contenu original.

L’initiative Femmes de la Banque Scotia travaille sans relâche pour trouver de meilleures approches qui permettent d’offrir un soutien novateur et concret aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes. Récemment, elle a par exemple parrainé Femmessor, un organisme sans but lucratif au service des entrepreneures dans 17 régions du Québec qui, tout comme elle, cherche à épauler les entrepreneures québécoises touchées par la pandémie de COVID-19 en leur prodiguant les services-conseils d’experts gratuitement.

Parallèlement, l’initiative alimente son centre de ressources en ligne et parfait sa stratégie de communication externe par l’intermédiaire d’événements virtuels, de webinaires et de balados.

 

 

Je veux que ma contribution ait été d’aider d’autres femmes à se hisser aux postes de leadership à la Banque Scotia, qu’ils soient semblables au mien, ou tout autres. Que pouvons-nous faire pour réunir notre passion et cet océan de possibilités, au service des femmes? 


« Une autre étape importante franchie cette année : la publication en mars 2020 d’un rapport d’étude qui jette un éclairage inédit sur la relation qu’entretiennent les entrepreneures avec le financement et la croissance de leur entreprise », explique Geneviève. S’appuyant sur un sondage effectué auprès de propriétaires de petites entreprises au Canada, ce rapport intitulé
Connaissances et confiance en finance – Vers une parité hommes-femmes dans le financement des petites entreprises canadiennes révèle que les demandes de prêt présentées par les femmes propriétaires d’entreprise sont plus souvent acceptées, mais aussi moins nombreuses. On y constate aussi que leur niveau de connaissances financières est, en moyenne, inférieur à celui de leurs contreparties masculines.

Le rapport conclut que pour permettre aux femmes propriétaires d’entreprise au Canada d’atteindre leurs objectifs de croissance, les formations et autres initiatives doivent autant mettre l’accent sur les connaissances financières que sur la confiance qu’elles s’accordent à ce sujet.

Geneviève rappelle que la mission de l’initiative Femmes de la Banque Scotia est de refermer l’écart hommes-femmes, de s’attaquer aux préjugés inconscients et de s’assurer que les femmes ont les outils dont elles ont besoin pour réussir.

« Nous aimerions que les femmes prennent une plus grande place dans le tissu économique de la société, dit-elle. D’où la nécessité pour l’initiative d’être présente pour leur offrir ce capital, leur donner accès à une gamme complète de solutions de financement, sans oublier le mentorat et la formation. »

« Le mentorat constitue un volet central de l’initiative, renchérit Geneviève, et l’objectif est de le développer encore plus. » Du haut de ses 30 ans d’expérience en tant que cadre dans le secteur bancaire, elle insiste sur le rôle prépondérant qu’a joué le mentorat dans son propre parcours professionnel :

« Le mentorat, c’est disposer d’un espace exempt de jugement pour prendre les meilleures décisions, que ce soit sur le plan professionnel ou personnel. Ça peut changer la vie de quelqu’un. Si j’ai su prendre des risques et m’épanouir, c’est grâce à mes mentors. Lorsque j’étais effrayée par une proposition ou un défi, c’est le simple fait de recevoir un message d’un mentor me disant “oui, tu en es capable” qui m’a permis de devenir qui je suis aujourd’hui. »

D’ailleurs, Geneviève compte bien profiter de son rôle dans le comité consultatif de l’initiative et dans le cadre de son poste actuel de première vice-présidente pour aider des femmes de talent à gravir les échelons.

« J’ai encore un objectif à l’horizon : faire monter plus de femmes à bord. Je veux que ma contribution ait été d’aider d’autres femmes à se hisser aux postes de leadership à la Banque Scotia, qu’ils soient semblables au mien, ou tout autres. Que pouvons-nous faire pour réunir notre passion et cet océan de possibilités, au service des femmes? »

Pour conclure, voici les bons conseils de Geneviève pour toutes les entrepreneures désireuses de développer leur entreprise et de devenir des dirigeantes à la hauteur de leurs aspirations :

« Foncez. Réseautez. Et demandez conseil à votre banquier. »

FOIRE AUX QUESTIONS : Comment Debbie Fung s’adapte-t-elle à une nouvelle normalité?

En 2007, Debbie Fung a cofondé les studios Yoga Tree avec un premier emplacement à Thornhill et une vision pour créer une communauté de yoga qui soit inclusive et accessible à tous. Aujourd’hui, elle a fait de cette entreprise une marque primée qui possède cinq studios bien situés dans la région du Grand Toronto et offre 2 000 cours par mois. Lorsque la
COVID-19 l’a forcée à fermer ses établissements, Debbie a dû se retourner à la vitesse de l’éclair pour numériser ses services et maintenir sa communauté connectée. 

 

À quels aspects de votre entreprise consacrez-vous le plus d’énergie et d’attention?

À nos comptes dans les médias sociaux et à la transition vers une plateforme en ligne. 

 

Quel est le problème le plus important que vous essayez de résoudre?

Trouver des solutions pour traverser cette tempête et poursuivre la croissance que nous avons connue ces dernières années, afin de surmonter les changements que la COVID-19 impose aux entreprises. 

 

Quelle a été votre solution la plus fructueuse jusqu’à présent? 

Changer notre façon de communiquer avec notre communauté en élargissant notre programmation en ligne dès la fermeture de nos portes le 15 mars 2020. 

 

Comment êtes-vous restée en contact avec vos clients et vos employés? 

Avant la crise de la COVID-19, notre entreprise avait déjà commencé à utiliser plusieurs logiciels, dont Egnite, Homebase pour la gestion des horaires des employés et des instructeurs, Mindbody pour la gestion de la base de données, et d’autres logiciels pour soutenir nos activités quotidiennes. 

Mais lorsque la directive de mise en quarantaine a été appliquée à l’échelle de la ville… #VieVirtuelle! 

Nous gardons le contact avec nos clients au quotidien par les médias sociaux et offrons des séances gratuites tous les jours en direct sur Instagram depuis mars. Cette semaine, nous avons lancé nos classes virtuelles en direct. Nos enseignants peuvent désormais voir la pose de chaque élève et suggérer de vive voix des rectifications. Yoga on Demand a également été lancé cette semaine pour offrir aux élèves des cours de qualité haute définition pouvant être diffusés en continu sur un téléviseur. 

Par ailleurs, nous restons en contact avec notre équipe en organisant des réunions virtuelles et des discussions en groupe, et en collaborant grâce à Egnite. 

 

Sur quelles ressources financières comptez-vous?

Malheureusement, nous avons dû mettre à pied temporairement une partie de notre personnel d’exploitation dans l’espoir d’être capables de traverser la tempête et de le réembaucher dès que possible. Le loyer est le prochain défi pour de nombreuses petites entreprises. Sans aucune source de revenus, il est extrêmement difficile de payer le loyer en entier. De nombreux établissements d’un bout à l’autre du pays sont dans la même situation. Nous nous rallions actuellement à d’autres propriétaires de petites entreprises par l’intermédiaire du site savemallbusiness.ca pour plaider en faveur de mesures d’allègement des loyers. 

Il faudra un certain temps (même si les entreprises non essentielles peuvent rouvrir) pour que notre ville revienne à la normale. En outre, il faut disposer de liquidités suffisantes pour faire face à plusieurs mois de ralentissement, avec une diminution de la fréquentation des clients et des ventes dans l’après-COVID-19. Nous nous sommes inscrits au programme de prêts de 40 000 dollars pour les entreprises admissibles soutenu par le gouvernement fédéral, mais ça ne résout pas tous les problèmes.

Nous devons garder le cap sur la transformation numérique, et ce n’est pas quelque chose qu’une entreprise peut mettre en œuvre de façon temporaire. La COVID-19 a accéléré notre transformation numérique – mais cette dernière est là pour rester. Nous sommes en train de repenser notre modèle d’affaires et notre stratégie et de nous adapter au besoin de travailler à domicile, qui sera très probablement la nouvelle norme lorsque tout ça sera terminé. 

  

Qu’est-ce qui vous a surprise? 

Lorsque le premier cas COVID-19 a été signalé à Toronto le 25 janvier dernier, nous avons immédiatement diffusé un avis à tous les élèves en soulignant toutes les mesures de sécurité que notre studio avait mises en place, notamment des stations de désinfection des mains, des procédures de nettoyage révisées et l’installation de purificateurs d’air de qualité médicale dans chaque pièce du studio. Je pense que nous avons fait preuve de transparence dans nos communications avec nos membres au fur et à mesure de l’évolution de la situation, et je pense aussi que la situation de la COVID-19 ne nous a pas surpris parce qu’elle n’est pas arrivée du jour au lendemain. 

Ce qui m’a surprise, par contre, c’est que nous sommes plus résistants et plus souples que je ne le pensais. Nous avons rapidement trouvé des solutions aux difficultés et avons adapté nos pratiques en conséquence pour que tout fonctionne. 

  

Quel est votre horizon de planification? 

Avant la crise de la COVID-19, nous étions prêts à lancer nos activités à notre nouvel établissement de Yorkville. Mais notre objectif a changé depuis, et la priorité est désormais la transformation numérique de Yoga Tree. 

 

Qu’est-ce qui vous fait garder le moral?

Notre communauté en ligne! Il y a tellement d’amour, de soutien et de gratitude dans cette communauté, et chacun essaie de motiver les autres en laissant des commentaires positifs après nos cours en direct et en veillant au bien-être mental et physique de tous. 

 

Quel message voulez-vous faire passer aux entrepreneurs en ce moment?

Prenez le temps de bien comprendre votre situation actuelle.

Avoir une image claire et réaliste de la situation financière de votre entreprise vous aidera à prendre de bonnes décisions à mesure que vous progresserez. Avec tout ce qui se passe en ce moment, nous atteindrons un creux historique et risquons de nous surendetter. Savoir de combien vous avez besoin pour couvrir vos dépenses courantes est un bon début, mais vous devez éviter de trop emprunter et de vous retrouver avec des dettes insoutenables.

Bien que les prêts garantis par le gouvernement soient pratiques, il faut les utiliser au moins à moitié au cours des six premiers mois et, s’ils ne sont pas gérés correctement, ils feront plus de mal que de bien à une petite entreprise. 

Les entreprises se transforment et les gens doivent passer en premier

Jamie Hoobanoff

En cette période d’incertitude, il est important de rester solidaires. Au vu des événements actuels, il est clair que bon nombre d’entreprises et de dirigeants vivent leur lot de difficultés. C’est dans cet esprit que nous avons demandé aux experts de nous dire exactement ce qu’ils font (en tant que fondateurs, talents et responsables des RH) pour adapter et appliquer les meilleures pratiques d’affaires et de ressources humaines durant cette période de changements tumultueux.

Et ça comprend l’embauche. Des entreprises continuent de se développer, d’ajouter de nouveaux membres à leur personnel et de se faire concurrence pour attirer les talents. La plupart d’entre elles ne font que modifier leurs processus afin de garantir la santé et la sécurité de leurs employés actuels et potentiels.

Voici un aperçu des changements récents en matière d’embauche et des meilleures pratiques que les entreprises peuvent appliquer pour protéger leur équipe. Indice : le thème commun est que les gens passent en premier.

Communiquer, voire surcommuniquer

Dans une période d’incertitude comme celle que nous vivons, où de nombreuses personnes sont anxieuses, il est particulièrement important de fournir des éclaircissements et des ressources à vos équipes, à vos clients et à la communauté dans son ensemble. Assurez-vous que vos employés savent que, tant que le travail se poursuit, leur santé et leur sécurité restent la priorité absolue.

C’est le moment de communiquer plus que nécessaire pour réitérer vos valeurs et votre mission en tant qu’organisation auprès de vos employés, de vos candidats, de vos clients, de vos partenaires et de la communauté. Ça permet de comprendre votre entreprise et votre plan pour aller de l’avant.

 « Les entreprises en démarrage dépendent des trois C : communication, collaboration et correction de trajectoire. Le plus grand défi pour nous était de savoir comment préserver nos valeurs dans un monde où l’on ne peut pas communiquer et collaborer en personne. Une de nos solutions a été de mettre en place un canal Zoom disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour nos employés. Tous peuvent l’utiliser pour parler immédiatement à leurs collègues. Or, nous avons rapidement constaté qu’un seul canal ne suffisait pas et qu’il fallait en ajouter d’autres. »

– Hamed Abbasi, chef de la direction de Plooto

Le succès du travail à distance repose sur la communication. Les gens doivent savoir qu’ils font toujours partie d’une équipe et que les affaires continuent, même s’ils ne viennent pas physiquement au bureau. Organisez régulièrement des appels d’équipe ou des réunions vidéo pour tenir tout le monde au courant des livrables et éviter qu’il se sente isolé.

Tirer parti de la technologie

De plus en plus d’organisations annulent toutes les interactions en personne, y compris les entretiens d’embauche, au profit de rencontres virtuelles. Il existe de nombreuses applications et plateformes qui permettent de faire des appels et des conférences vidéo de haute qualité.
Ces mêmes technologies peuvent également être utilisées pour remplacer les grandes réunions d’équipe en personne, et sont de plus en plus considérées comme une solution de rechange aux voyages d’affaires.

C’est on ne peut plus sensé. Il n’est pas nécessaire que les entreprises mettent leur personnel en danger en faisant venir des candidats pour des entretiens sur place. Dans un avenir prévisible – jusqu’à ce que la crise se résorbe – toutes les entreprises devraient faire appel à la technologie pour les entretiens d’embauche.

Si vous avez des candidats à l’embauche, ne les laissez pas dans l’ignorance : ils doivent connaître votre situation et vos politiques. Communiquez fréquemment avec eux et tenez-les au courant. Le fait que vous vous souciez de leur sécurité et de celle de votre personnel est un message fort au sujet des priorités de votre organisation et de votre marque employeur.

Une partie importante de l’entretien en personne consiste à exposer les candidats à la culture de l’entreprise. Comme ce n’est plus possible en personne, préparez votre « bureau virtuel » pour les entretiens. Portez une attention particulière à l’arrière-plan, à l’aspect et à la convivialité de votre environnement, car le candidat les étudiera pour se faire une idée du lieu de travail. Dans vos communications avec les candidats à l’embauche, veillez à utiliser des photos, des vidéos, des images de marque et d’autres éléments qui véhiculent la culture de l’entreprise, tels que des articles de blogue, des événements commerciaux, etc.

Les candidats voudront toujours apprendre les mêmes choses sur un employeur potentiel, donc en période de contact à distance, vous devez trouver d’autres moyens de faire passer l’information.

Travail à distance

Une liste de plus en plus longue d’entreprises (Shopify, Google et Twitter, pour n’en nommer que quelques-unes) ont indiqué à tous leurs employés qui peuvent travailler à distance qu’ils travailleront chez eux au cours des prochaines semaines.

« Dès le début, nous avons décidé de procéder à une transition complète vers le travail à distance et nous avons clairement fait comprendre à nos employés que cette décision était tout autant motivée par la volonté de soulager l’angoisse liée aux déplacements que par celle de limiter la propagation du virus. Nous sommes conscients que beaucoup de nos employés s’occupent de leurs enfants, de leur famille, de leurs animaux de compagnie… et nous nous sommes efforcés de rappeler ces obligations à l’ensemble du personnel, l’encourageant même à présenter virtuellement ses proches à ses coéquipiers. »


– Devon Siegel, vice-président, Employés de Reonomy

Faire travailler vos employés à distance présente deux avantages : ça les protège, et ça réduit le nombre de personnes qui entrent dans le lieu de travail et qui peuvent avoir été en contact avec le virus sans le savoir.

Quelques conseils pour exploiter efficacement le travail à distance

Définissez clairement vos attentes avec votre équipe avant de commencer à appliquer vos politiques sur le travail à domicile. Les attentes concernant le degré de connectivité, les heures de disponibilité, la fréquence des communications et les rapports doivent être énoncées.

« Nous communiquons plus que nécessaire pendant cette période. Nous organisons régulièrement des réunions d’équipe sur Google Hangouts, publions plus d’articles sur le blogue interne et gardons tout le monde sur Slack. De plus, nous essayons de trouver des activités d’équipe numériques, comme de brèves pauses de jeu pendant la journée, pour que tout le monde ait l’occasion de s’amuser ensemble (à distance, bien sûr!). »


– Blair Livingston, chef de la direction de Street Contxt

Les entreprises en démarrage et les entreprises en forte croissance ne peuvent interrompre soudainement leur trajectoire à cause d’une crise externe. Peu d’organisations peuvent résister à un tel ralentissement. Heureusement, grâce à des politiques bien réfléchies et à une utilisation stratégique de la technologie, vous n’avez pas à le faire. Même si les choses ne se déroulent pas exactement comme d’habitude, vous pouvez poursuivre le travail tout en protégeant la santé et la sécurité de tous.

Prenez soin de vous. Ensemble, nous allons nous en sortir.

Jamie Hoobanoff

Jamie Hoobanoff

Jamie Hoobanoff est la fondatrice de The Leadership Agency, le partenaire de recrutement de choix pour les entreprises en démarrage qui connaissent la plus forte croissance en Amérique du Nord. Issue du milieu des affaires, Jamie a lancé son cabinet en 2017 et n’a cessé de prendre de l’expansion depuis, s’implantant aux États-Unis en 18 mois seulement. Elle a ouvert un bureau à New York et a remporté de nombreux prix. Révolutionnant le domaine des ressources humaines et du recrutement, Jamie apporte son expertise au Globe and Mail, à la CBC et au magazine HRD, et elle fait partie du conseil des RH de Forbes.

FOIRE AUX QUESTIONS : Comment Jamie Hoobanoff s’adapte-t-elle à une nouvelle normalité?

Jamie Hoobanoff est la fondatrice de The Leadership Agency, le partenaire de recrutement de choix pour les entreprises en démarrage qui connaissent la plus forte croissance en Amérique du Nord. Issue du milieu des affaires, Jamie a lancé son cabinet en 2017 et n’a cessé de prendre de l’expansion depuis, s’implantant aux États-Unis en 18 mois seulement. Elle a ouvert un bureau à New York et a remporté de nombreux prix. Révolutionnant le domaine des ressources humaines et du recrutement, Jamie apporte son expertise au Globe and Mail, à la CBC et au magazine HRD, et elle fait partie du conseil des RH de Forbes.

 

À quels aspects de votre entreprise consacrez-vous le plus d’énergie et d’attention? 

En ce moment, je me concentre sur l’exploitation et le développement commercial. 

 

Quel est le problème le plus important que vous essayez de résoudre?

Le financement occupe une grande partie de mon temps. Mais surtout, je m’attache à comprendre les défis auxquels nos clients actuels et potentiels sont confrontés et tentent de résoudre en ce moment. Nous voulons aider. Tout le monde ne vit pas la même chose, et si l’on aborde chaque situation avec des solutions toutes faites, on se heurte inévitablement à toute une autre série de problèmes.

 

Quelle a été votre solution la plus fructueuse jusqu’à présent? 

Nous nous sommes tournés vers deux solutions qui ont été immédiatement adoptées sur le marché. L’une consiste simplement à aider. Nous disposons d’un ensemble unique de compétences et d’expertises – et c’est précieux non seulement pour les clients, mais aussi pour les candidats. C’est pourquoi nous agissons d’abord et avant tout en apportant notre aide à ces deux groupes. 

L’autre solution consiste à privilégier une approche unique pour mettre les gens en relation. Nous ne suivons pas les pratiques traditionnelles. Ainsi, au lieu de ralentir, nous avons lancé une solution de recherche de candidats proactive qui aide les employeurs qui embauchent actuellement à entrer en relation avec les meilleurs candidats sur le marché. Elle permet aussi aux clients qui vivent un gel temporaire de l’embauche de poursuivre leur processus de recrutement. De cette façon, une fois le gel levé, ils pourront procéder à leurs embauches immédiatement, sans autres retards coûteux. Les gens vont vouloir rattraper le temps perdu. Nous pouvons les aider. 

Nous savions que nous devions agir rapidement et adapter nos services pour nos clients – ainsi que pour notre propre entreprise. Nous devions sortir de notre zone de confort – alors plus que jamais – tout en tirant parti de notre connaissance du secteur. C’était maintenant ou jamais. En général, le lancement d’un nouveau produit ou service nécessite l’investissement de capitaux, des ressources ainsi que de la recherche et du développement. Mais la réalité, c’est que ni nous ni personne d’autre n’avons ce luxe en ce moment. Cependant, nous sommes agiles et n’avons pas peur de prendre des risques. La crainte de l’échec est bien pire que l’échec lui-même. 

 

Comment êtes-vous restée en contact avec vos clients et vos employés? 

La première chose que nous avons faite a été de nous rapprocher immédiatement des gens, en créant un espace pour offrir des conseils, du soutien et de l’aide. Nous avons lancé une initiative qui permet aux propriétaires de petites entreprises et aux entrepreneurs de réserver du temps directement dans mon agenda chaque jeudi pendant 12 minutes. Nous le faisons pour offrir tout le soutien possible en matière de recrutement, de ressources humaines et d’activités commerciales, et pour approfondir nos connaissances sur le financement et les ressources disponibles.

Ce que nous voulons, c’est être un pilier dans notre communauté, mais aussi pouvoir apprendre des autres propriétaires d’entreprises, des chefs de file et de nos pairs. Plus nous en savons sur les difficultés de chacun, plus nous pouvons nous adapter pour apporter de la valeur et améliorer nos propres pratiques commerciales.

De plus, nous avons lancé une autre initiative qui aide les personnes qui ont perdu leur emploi – des ateliers qui constituent un espace ouvert et sûr où l’on peut faire du réseautage et obtenir des conseils sur la manière de rédiger un curriculum vitæ, de se préparer à un entretien et de postuler à un emploi en cette période difficile. Notre objectif est d’aider les candidats à bien s’orienter sur le marché du travail en pleine mutation. 

Avec nos propres employés, nous adoptons l’approche de la communication, voire de la surcommunication. Dans une période d’incertitude comme celle que nous vivons, où de nombreuses personnes sont anxieuses, il est particulièrement important de fournir des éclaircissements et des ressources à vos équipes, à vos clients et à la communauté dans son ensemble. Il faut que votre équipe sache que sa sécurité est au cœur de toute décision d’affaires et que, lorsque la situation se résorbera, elle aura un endroit où revenir. 

 

Sur quelles ressources financières comptez-vous?

J’ai passé environ 40 % de mon temps à me renseigner, à faire du lobbyisme, à soumettre des demandes et à poser d’innombrables questions au sujet des options de financement disponibles.

Ce que j’ai retiré de tout ça, c’est qu’il y a de l’argent de disponible, et ce, à un taux sans précédent. Mais tout ne s’équivaut pas. Les prêts, les subventions et les investissements (par emprunt ou par participation au capital) s’accompagnent tous de conditions très différentes.

Sachez quelles sont vos conditions, et si vous n’en savez pas assez, renseignez-vous davantage. Vous devez voir vous-même à votre intérêt et vous faire entendre. Personnellement, quand je prends des décisions concernant mon financement, je pense à l’avenir à long terme de mon entreprise. Nous subissons tous des changements majeurs, et ça ne va pas cesser de sitôt. Nous devons faire d’énormes sacrifices. Quand j’ai bien compris les changements immédiats et à court terme dans mon entreprise et mes finances, j’ai commencé à les voir comme une occasion de prendre de l’expansion grâce aux capitaux disponibles et aux conditions qui n’étaient pas offertes auparavant. 

En tant qu’entrepreneurs, nous avons une responsabilité envers nous-mêmes, notre vision et notre personnel. Je veux sortir de cette crise avec une entreprise impressionnante et plus forte qu’avant, avec un plan de croissance alimenté par des capitaux, et avec les personnes qui ont contribué à notre création. Ma décision a donc été de consacrer les capitaux à l’avenir de l’entreprise. 

Établissez immédiatement une relation avec BDC, votre banque et EDC. Soyez très honnête avec vous-même. Déterminez quels sont vos défis financiers dans l’immédiat et sur trois, six et douze mois. 

 

Qu’est-ce qui vous a surprise? 

Je suis tellement émue et surprise de voir à quel point tout le monde veut vraiment apporter son aide, et beaucoup le font d’une manière que je n’avais jamais vue auparavant. Nous éprouvons tous des difficultés, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel, mais en même temps, nous sommes tous prêts à aider les autres. Je vois ça partout, et ça me fait chaud au cœur. 

 

Quel est votre horizon de planification? 

Nous avons un plan pour les douze prochains mois. 

 

Qu’est-ce qui vous fait garder le moral?

La gratitude et la gentillesse. On récolte ce que l’on sème.

 

Quel message voulez-vous faire passer aux entrepreneurs en ce moment? 

Vous n’êtes pas seul! Je pense que beaucoup de gens d’affaires et de propriétaires d’entreprises considèrent leur entreprise comme quelque chose qu’ils peuvent contrôler. Mais ce n’est tout simplement pas le cas. Certainement pas maintenant. Vous n’avez pas perdu le contrôle, et vous n’êtes pas en train de tomber. Nous sommes en train de vivre l’histoire – et personne ne peut contrôler ça.

C’est peut-être un cliché, mais je le pense vraiment : donnez tout ce que vous avez! N’attendez pas d’avoir toutes les réponses. Vous n’avez pas le temps d’attendre, et vous risquez de ne jamais les obtenir de toute façon. Laissez-vous guider par votre instinct et prenez quelques risques. Si vous attendez d’avoir toute l’information, il sera peut-être trop tard. Agissez rapidement, mais en visant un objectif. Servez-vous de l’information que vous avez, et faites confiance à votre intuition. 

Cinq conseils pour les gestionnaires qui ont des employés travaillant à domicile avec des enfants

Katie Diamond

Comme l’ont dit les Pussycat Dolls : « Be careful what you wish for, cuz you just might get it » (Faites attention à ce que vous souhaitez, car vous risquez de l’obtenir). Travailler à la maison est le rêve de nombreuses mères professionnelles. Ça leur permet d’adapter leur horaire, de voir leurs enfants durant la journée et, bien sûr, d’adopter le code vestimentaire idéal : une tenue (très) décontractée. 

Lorsque le matériel, l’espace et la garde des enfants sont bien organisés, oui, travailler à la maison peut être merveilleux. Mais si l’on doit le faire sans préavis, que l’école est annulée, que les gardiennes se font rares et qu’on ne sait pas quand la situation va se régler, l’« île des adultes » (comme une membre de notre communauté appelle son bureau) est un grand luxe. 

Je suis actuellement en télétravail avec mon mari, notre enfant de trois ans (qui a une préférence marquée pour son père et est dans une phase de curiosité épuisante) et notre bébé de dix mois, qui a décidé cette semaine que le moment était bien choisi pour commencer à ramper, à grimper, à faire ses dents et à pleurer dès que je quitte la pièce. Pas facile, dans ce contexte, d’accomplir quoi que ce soit. En raison de la fermeture des écoles, des garderies, des groupes de jeu, des cours de musique et des bureaux, des millions de mères et de pères se sont retrouvés dans la même situation tendue.

En tant que gestionnaires et dirigeants, nous pouvons voir ça comme un moment de vérité. Notre façon de gérer cette crise déterminera si nous sommes vraiment là pour aider les parents qui travaillent à trouver un équilibre entre leur vie personnelle et leur vie professionnelle – difficile en temps normal, un véritable casse-tête en ce moment.

«Il serait absurde d’imaginer que les parents ayant des enfants à la maison peuvent rester concentrés tout au long de leur journée de travail.»

Si vous n’avez pas encore vécu cette situation, imaginez un boomerang, mais vivant. Vous l’envoyez au loin (équipé d’une collation, d’un jeu, d’un livre ou d’un écran), et dans le temps de le dire… paf! Il vous revient en pleine face. Vous pouvez vous attendre à ce que ces parents trouvent et adoptent des stratégies pour gérer les perturbations et optimiser le temps de concentration, mais leurs boomerangs vivants ne sont pas conçus pour se divertir par eux-mêmes pendant des heures et des jours entiers.

Voici cinq choses à faire ou à envisager que nous avons apprises du projet Sophia – des entretiens approfondis avec plus de 150 mères qui travaillent que nous avons menés pour Hacking Sophia, une plateforme numérique conçue pour aider les femmes à jongler avec leur carrière et leurs jeunes enfants. Ces constatations sont d’autant plus pertinentes que nos « îles » prennent une nouvelle signification :

1. Communiquer avec une clarté radicale

Il y aura moins d’occasions d’intervenir et de clarifier les discussions et les prochaines étapes. Et chaque courriel, texto ou message Slack de suivi est une distraction potentielle qui risque de faire chuter la productivité. Il faut donc clarifier les attentes, veiller à ce que tout le monde avance dans la même direction et créer des points de contrôle pour que le précieux temps de réflexion soit alloué efficacement. Et, surtout, vous devez faire savoir clairement que ce n’est pas un exercice de microgestion, mais plutôt une intention d’éviter le manque de communication et d’optimiser l’utilisation du temps – une denrée précieuse pour ceux qui n’ont en pas assez (les parents qui travaillent, peu importe le contexte) et maintenant ceux qui sont isolés (les parents qui travaillent, en cette période de pandémie).

2. Déclarer la guerre aux chronophages

Les chronophages, c’est-à-dire les activités qui « mangent notre temps », sont déjà assez contrariants en situation normale – ils sont hautement nuisibles quand il est nécessaire d’optimiser l’efficacité du travail. La liste est longue : « Répondre à tous », « J’ai une demande urgente », « J’ai une petite question » (il n’y a PAS de petite question), « Ce serait bien si vous vous joigniez à l’appel », « Peux-tu me faire un compte rendu sur… », etc. Remettez en question la nécessité de chaque courriel, petite demande, conférence téléphonique, etc. – est-ce que ça va vraiment faire avancer les choses? Ne feriez-vous pas mieux de mettre ce temps ailleurs?

3. Le jeu de la soustraction

Établissez rigoureusement vos priorités, en éliminant les tâches qui ne sont pas absolument nécessaires ou urgentes. Il est toujours important de déléguer, mais demandez-vous si les tâches que vous déléguez sont essentielles à la réalisation de vos objectifs. Et voici un conseil : procédez régulièrement à des soustractions. De semaine en semaine, des tâches s’ajouteront. Pour chacune qui apparaît, éliminez-en au moins une autre, soit en l’accomplissant, soit en la dépriorisant. Ça s’applique autant à vos propres tâches qu’à celles que vous déléguez.

4. La vidéo est-elle vraiment nécessaire?

La vidéo semble être la solution parfaite pour rester en contact en raison du « rapprochement » qu’elle permet, mais personne ne veut ressembler à un épouvantail ou avoir l’air de ne pas avoir eu le temps de prendre une douche. Demandez-vous si la vidéo est nécessaire ou si le son seul ferait l’affaire. (Et si l’appel lui-même est nécessaire…) Réfléchissez aux autres « attentes professionnelles » qui devraient être assouplies. Allez-vous dire quelque chose si quelqu’un assiste à un appel en t-shirt plutôt qu’en complet? Avec une queue de cheval? Ou si un enfant est assis dans le divan en arrière-plan (ou entre en trombe pour demander une collation)? Attendez-vous à des interruptions, et restez patient lorsqu’elles surviennent.

5. Barrer la route aux draineurs d’énergie

Les problèmes technologiques drainent notre énergie, d’autant plus si nous travaillons à domicile avec moins de soutien informatique (sans un vrai informaticien, sans un collègue qui peut résoudre n’importe quel problème technique). Et ce sentiment désagréable que l’on éprouve quand la technologie nous laisse tomber est encore plus intense lorsque le temps se fait rare. Demandez-vous si votre nouvelle équipe à domicile dispose de la technologie nécessaire pour rester productive : des points d’accès pour répondre aux besoins supplémentaires en Wi-Fi (au cas où tous les appareils de la maison fonctionneraient en même temps et satureraient la connexion), des écrans, des claviers, des supports pour ordinateurs portables pour rendre les postes de travail à domicile ergonomiques, des casques antibruit, etc.


Et, par-dessus tout, pensez à demander à votre équipe de temps en temps comment elle va et si vous pouvez faire quoi que ce soit pour l’aider. Rappelez-lui que son travail est précieux. Même si vous communiquez fréquemment avec eux, que ce soit en les appelant ou en leur envoyant des messages, vos employés, seuls chez eux, peuvent finir par se demander si ce qu’ils font compte vraiment. L’attention que vous leur accordez et les compliments que vous leur faites ne manqueront pas de faire effet.

Oui, on aime tous ses enfants, et quand on part travailler on regrette de ne pas pouvoir passer plus de temps avec eux. Mais pour revenir à ce que chantaient les Pussycat Dolls, on dirait bien que notre souhait s’est réalisé, et nous assistons maintenant à l’effondrement du mur entre notre vie professionnelle et notre vie personnelle. Comment allez-vous diriger? Gérer? C’est dans les moments comme ceux-ci que vous avez l’occasion de montrer que vous voulez sincèrement aider les mères et les pères qui travaillent à s’en sortir, au lieu de simplement vous en tenir au minimum.

Katie Diamond

Katie Diamond

Katie Diamond est une stratège de marque expérimentée qui a permis à des organisations de repérer des occasions de croissance innovantes et qui a lancé des campagnes de marketing locales. Elle a récemment dirigé l’équipe marketing canadienne d’Equinox. Avec Janet Winkler, elle a fondé Hacking Sophia, une plateforme numérique qui propose des solutions de carrière et d’éducation des enfants aux femmes qui sont rendues à cette époque de leur vie où elles manquent de temps pour tout – lorsque la carrière entre en conflit avec les enfants.